Jeune Société bien sous tout rapport cherche Développeur expérimenté pour relation solide et engagée. Pas sérieux s’abstenir. 

C’est quoi un « dévelopeur expérimenté » ? On dit aussi « développeur sénior » en oubliant parfois de préciser « Développeur homme ou femme (H/F) ». Mais nous ne parlerons pas ici du principe de non-discrimination. Sachez qu’il existe 19 discriminations qui ne doivent pas influencer le recrutement et la carrière. Le sexe bien entendu, mais aussi l’origine, l’âge et d’autres critères à connaître. Et quand on lit parfois certaines offres d’emploi dans l’informatique… oh my god.

Mais revenons aux petits vieux. Le développeur expérimenté (que ce soit un homme ou une femme) est plus souvent qualifié de « sénior » et « expert ». Il s’agit pour moi d’une personne avec plusieurs expériences professionnelles. Certainement quelqu’un qui sait ce qu’il faut faire face à un ensemble de situations. Une personne expérimentée aura certainement rencontré plus d’obstacles et d’imprévus que vous. Elle aura une capacité acquise à réagir et à prendre les décisions.

Développeur c’est d’abord être capable d’apprendre et de trouver rapidement de l’information. Le cycle des technologies étant assez court, il est indispensable de savoir apprendre. Tout comme il est important d’avoir de bonnes bases, quitte à renforcer plus tard celles-ci si votre formation universitaire initiale n’est pas l’informatique.

Les entretiens d’embauche sans pouvoir faire de recherche sur Internet sont aussi biaisés. La réalité c’est qu’un développeur expérimenté va trouver plus vite la raison d’une erreur, qu’une personne junior. Mettez-moi devant une stack Java, et je pense que je me débrouillerai mieux qu’un débutant… car c’est la 1000 ème fois que je fais cela. Google, Stack Overflow, l’habitude d’identifier les sources fiables, bon niveau en Anglais… Etre expérimenté c’est pas forcément « savoir plus ». C’est aussi savoir trouver plus vite.

En étant plus expérimenté, on devient aussi un peu plus adepte de la simplicité. La clé d’un bon développeur, c’est de savoir faire des choses simples. Et c’est certainement le plus difficile. Nous vivons dans un univers où il semble nécessaire de faire du React, de l’Angular, des micro-services, avec dix milles lignes de code, sinon t’es un looser… Ben  en fait non. Personne ne viendra te taper sur l’épaule en disant : « la vache, qu’est-ce que tu lui as mis à ce compilateur…« .

Etre expérimenté c’est aussi une résistance au stress et parfois plus de capacités à se sortir de la mierda.

Je m’explique.

Il arrive parfois de buter sur un bug.

Le genre de bug qui rend dingue. Vous avez beau mettre des System.out.println, vous n’y comprenez rien. C’est le bug qui devrait durer 10mn… mais en fait vous y passez 2h sans trop rien dire à vos collègues qui pensent que vous êtes entrain de recoder l’Etoile Noire. Vous voyez le style de moment dont je veux parler ? Genre tu veux te tester à l’injection de dépendance avec Play 2.4 et il est 17h, tu n’as rien prévu ce soir là.

Bref. Un conseil de vieux expérimenté et sénior : laissez dormir le code. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai résolu en 2mn le même souci, le lendemain. Le cerveau est une sacré machine.

Capable de travailler en tache de fond et de sortir l’autre façon de faire… qui vous fera avancer.

Expérimenté c’est aussi renoncer et se rendre compte que l’on ne peut pas tout savoir. Je sais que je ne sais pas, et que je ne saurai jamais. Car je n’ai pas le temps, le niveau et l’énergie pour le faire. Car j’ai d’autres priorités, donc je laisse cela à d’autres développeurs.

Photo Fotolia – https://fr.fotolia.com/id/134336809#

Expérimenté finalement, c’est quelque chose qui marque la fin d’une suite de choses auxquelles on croit, à ses débuts.

On débute par la programmation, puis l’on découvre d’autres capacités importantes de ce métier. On se découvre une passion pour l’entreprenariat, pour la gestion d’équipe, pour l’encadrement ou pour mener une équipe de développeurs.

Bon, passion n’est peut-être pas le mot. Mais reconnaissez que vous êtes passé à autre chose, après avoir épuisé votre créneau sur la programmation.

Expérimenté c’est aussi être plus sociable. Les développeurs juniors sont très tournés vers eux-mêmes, en quête d’une réalisation initiale. Avant de penser aux autres, ou à l’entreprise, ils passent d’abord par une étape de 4 à 6 ans uniquement centrée sur eux-mêmes. Et c’est très bien.

Viendra ensuite le moment où l’on prend conscience d’appartenir à une communauté (ceux qui utilisent Emacs, ceux qui utilisent un IDE, ceux qui utilisent Android, ceux qui ne vont JAMAIS aux conférences, ceux qui parlent d’un langage inconnu pour se la raconter, ceux qui pensent que Windev est un site pour adultes, etc).

Vous êtes expérimenté le jour où vous avez rencontré plus de personnes moins expérimentés que vous, et que vous leur avez transmis quelque chose. Votre super tricks sur VI pour chercher-remplacer. Ou votre façon de gérer un client difficile qui vous descend au téléphone… Tout un tas de petites occasions de montrer aux autres développeurs que vous êtes expérimenté. Et que vous êtes une personne sympa.

Sur ce, je retourne à mon code Scala. Je compte bien mettre une mine à mon compilateur et terminer ce dev.

Développeur expérimenté

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédits photos : Fotolia – https://fr.fotolia.com/p/200945821

 

 

 

4 réflexions sur « Un développeur expérimenté (?) »

  1. Ca me rappelle le quickie que j’ai présenté à Devoxx en 2013 : Peut on être développeur après 40 ans ?
    Le problème vient le plus souvent des recruteurs, incapable d’évaluer ce genre de compétence …

  2. Ça me parle assez tout ça! L’experience permet aussi de résonner à un niveau d’abstraction plus élevé. On ne s’arrête plus au langage, à sa syntaxe et ses spécificités. On reconnaît des patterns et des situations qu’on a déjà rencontrés ailleurs avec d’autres langages ou d’autres technologies. On crée aussi des ponts plus facilement entre les technos et leurs communautés – d’où peut-être le côté social plus développé.

  3. +1 Damien
    Je pense aussi qu’avec l’expérience, on ne s’attache plus à « LA techno top moumoute of the dead qui rox sa mère ».
    On regarde, on compare avec des trucs qu’on a déjà vu, des cas qu’on a résolu avec telle ou telle techno, telle ou telle archi, on évalue en fonction de ces points positifs et négatifs évalués à l’époque si, dans la situation actuelle, ce serait adapté ou pas, et au final, on applique ou non des patterns ou des morceaux de solution qu’on a emmagasiné avec le temps dans ses bagages.
    Et on regarde la petit jeune qui nous sort sa belle tirade de « ouais mais avec Symfony 3, on fait ça en 2-2 », et on souris parce qu’il y a 10-15-20 ans, on pensais pareil de Java 1.2 (si-si ! 😉 ), de Delphi 5, d’Ajax, ou de je ne sais trop quelle solution technique qu’on adulait…
    Avec le temps, on s’aperçoit que les technos changent, se remplacent, mais que finalement, comme toujours, chacune a ses points forts et ses points faibles, et que notre expertise, c’est aussi de pouvoir dire : « ben non, Petit, ta techno, même si elle est extraordinaire et particulièrement adaptée au cadre de ton projet précédent, là, elle ne va pas bien coller pour telle et telle raison ».

  4. Bravo Nicolas, c’est excellent, comme d’habitude. Voilà qui devrait parler haut et fort à tout développeur… expérimenté. Il est intéressant de noter que développeur rime toujours avec jeune, même en 2017. Il y a 10 ans, on pouvait croire qu’il n’y avait que des jeunes car le web était assez jeune en entreprise. En fait non, il y a toujours aussi peu de dév expérimentés, et donc ce momentt fatidique où vous vous rendez compte que le senior, c’est vous, arrive très tôt.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
To prove you're a person (not a spam script), type the security word shown in the picture. Click on the picture to hear an audio file of the word.
Anti-spam image