Ce n'est pas moi
Gars d’un âge indéterminé avec un air stupide en train de taper au clavier

Franchement, on a l’air jeune, toi, moi et tous les lecteurs du blog…

Il paraît que j’ai l’air jeune. On me donne entre 32 et 36 ans. Et je vous assure que les gens semblent sincères (ou qu’ils essayent de me faire plaisir). Pourtant en septembre 2015 je passe le cap des 40 ans. Et c’est sympa d’être un vieux développeur. Vraiment.

Mes premières lignes de code datent de 1986 sur un ZX-81. Imaginez où vous étiez en 1986. Si vous n’étiez pas né, imaginez l’âge de vos parents. Bon si vos parents n’étaient pas nés, je suis très flatté de vous imaginer en train de lire cet article de blog sur vos iToilets du futur.

Je dis merci à mon père, disparu en 2013, de m’avoir contaminé avec le virus de l’informatique. Il est parti à 62 ans. C’est parfois violent de se dire qu’il a eu à peine la chance de vivre ce que j’ai traversé ces dernières années.

En arrivant sur les 40 ans, force est de constater que l’on a presque tout essayé en terme de langages, de méthodes de développement et de framework. A 20 ans ne dîtes pas non aux nouvelles expériences comme Haskell, un framework JS révolutionnaire ou l’intégration continue de conteneur. Vous n’y connaissez rien. Que risquez vous ? Rien ! Je vous encourage à tout tester, et à prendre une bonne cuite après 15 jours de React.JS et un backend en Go. Il vous faut des cicatrices, et soyez sur la vague.

Quand tu te réveilles le matin après une grosse cuite, que tu te tournes et que le livre qui dort à côté de toi s’appelle  « JSF pour les nuls » : la soirée a été dure.

Quand un jour tu écris « Certifié Scrum Master » sur ton CV, prend un selfie et envoie moi la photo sur Twitter. Franchement ? Sérieux ? Tu t’es fait avoir aussi ?

Vers les 30 ans, vous aurez peut-être des doutes sur votre avenir de développeur. Une ou deux belles expériences déjà derrière vous. Vous aurez démissionné au moins une fois. Vous aurez été viré ou plutôt « remercié avec une rupture conventionnelle du contrat de travail« .

Allez avouez-le : vous aurez déjà pensé à quitter votre entreprise actuelle pour

  • a) gagner plus
  • b) travailler sur de nouvelles technologies
  • c) les deux
  • d) la réponse d.

Vers les 35 ans vous aurez déjà pas mal d’expériences, peut-être l’envie de vous lancer dans une startup. Vous serez peut-être devenu « chef de quelque chose » ou « responsable de machin chose« . Pour certains, les crampons seront déjà rangés dans le sac, et vous ne serez plus développeur. C’est la vie, un peu comme les joueurs de foot, Zaïa en moins.

Main sur le coeur, j’ai une pensé pour tous ces commerciaux qui me disent « vous savez, j’ai une formation d’ingénieur. Je suis devenu commercial chez GrosseSSII qu’à la fin de mes études…« . Franchement, si vous êtes commercial, votre phrase est gênante.

A la quarantaine on a ce que les anciens appellent « de l’expérience« . Ce sont des histoires à raconter, des conversations ou des présentations que vous avez vu. Ce qui vous fait passer pour un vieux con auprès des jeunes, c’est forcément vos histoires de développeur. Attention spoiler : vos histoires sont pour la plus-part obsolète. Et donc, votre aventure avec Netscape Navigator, vos heures avec Livewire à écrire du JS côté serveur en 99 : on s’en fout. Limite, votre première expérience avec Silverlight ou JBoss Seam : personne ne connaît. J’ai eu ces expériences. Elles sont obsolètes, circulez.

Arrivé sur les 0x28, vous découvrirez avec plaisir que les plus jeunes ne connaissent pas les problèmes d’encoding, qu’ils ne savent pas que les séparateurs de fin de ligne sont différents sous Unix ou Windows, que le calcul des Dates c’est pas si simple, ou que vous êtes le dernier dinosaure à maîtriser Vim/Emacs, quand le jeune de base utilise Sublime Text ou Atom. Cela vous permettra de briller encore un peu dans les conversations avec les plus jeunes. Cette expérience vous servira encore, et tant mieux.

Merde on a fait la guerre nous. J’ai connu les disquettes, les livraisons où l’on amène le serveur en Taxi chez le client, l’époque où tu pouvais fumer dans les bureaux en développant, et où ton premier salaire était de 1600 Francs… Mince alors, c’est pas rien tout ça. Oui mon premier salaire brut était de 168 000 Francs en 1997 (dans les 25kEUR). J’avais 22 ans et la vie devant moi.

En passant le cap des 30 ans, je pensais que le management serait le Saint-Graal. On est en 2005. A cette époque et pour ma génération, la voie royale était le management. Votre salaire ne pouvait faire un saut dans l’hyper-espace que si, et seulement si, vous acceptiez de mettre de côté votre métier de développeur. Une personne douée pour le développement est peut-être un très mauvais manager. Quelle boucherie quand on pense à tous ces élèves ingénieurs, qui sont devenus « chef de… » et qui doivent bien s’ennuyer aujourd’hui à 40 ans. Je dis « s’ennuyer » pour rester poli et ne pas dire « se faire chier comme des rats morts à gérer les RTT de leurs collaborateurs« . Allez les amis, dites-moi que vous vous ennuyez, faîtes moi plaisir.

A 40 ans tu es patient, calme et zen.

Vers mes 30/35 ans, je me suis planté plusieurs fois en encadrant des développeurs, faute d’une expérience suffisante pour gérer des cas complexes. Comment animer une équipe de prestataires qui ne sont pas supra-motivés ? Comment dire à cette personne qu’il n’est pas possible qu’elle arrive à 11h00 si elle repart à 16h (et que vraiment, elle n’en fiche pas une…). Comment gérer ce client furieux car un de vos développeurs a cassé la prod ?

Bonne nouvelle : les vieux sont plus aptes à anticiper et à gérer ce type de situation.

A 35 ans tu te bats pour être au top meilleur niveau en Java/Scala/Javascript/Groovy/Clojure/Erlang/Go.

A 40 ans tu t’en bats… mais d’une force.

Java c’est terminé pour moi. J’ai rangé mes crampons et mes protèges-JSF en 2011 et je ne pense pas en refaire un jour. Scala c’est bien pour l’instant, et ça m’a relancé en 2011. Haskell/Erlang/LangageQuiExistePasEncore => pourquoi pas… je n’en sais rien.

A 40 ans on commence à avoir envie de se poser et de ne plus avoir envie de courir après l’ultime connaissance. Ce qui fait cependant la différence avec un « jeune » c’est notre capacité à apprendre (elle est meilleure) et le temps dont on dispose (on en a beaucoup moins). Patrick Chanezon recommandait d’apprendre un langage par an. Je m’intéresse fortement à Haskell en ce moment. Mais plus par curiosité que par besoin professionnel. Je m’intéresse aussi à la musique électronique, j’aime bien les voitures et jouer à Minecraft avec Junior et Junior 2. A 40 ans tu as des enfants qui jouent à Minecraft avec toi en réseau le vendredi soir… J’avoue.

Soyons honnête un instant : si tu cherches un boulot bien payé comme freelance sur Paris, la vie est rose et tu peux gagner ta vie très correctement. Il suffit de prendre quelques années pour acquérir de bonnes compétences, puis de se lancer. Tu gagneras de 50 à 70k net par an à 30/35 ans (350 EUR net pour 180 jours). Après, à toi de voir si tu rêves de faire de la prestation de service, ou si tu envisages autre chose au bout de 10 ans.

Evidemment que faire le choix de technologies exotiques est plus risqué pour le portefeuille… que de rester sur ce qui est mainstream. L’industrie découvre à peine Angular.JS en 2015. Laissons-lui quelques mois avant de lui parler d’Angular 2…

Alors que vais-je faire ? Des projets avec des gens, des humains et une équipe. Après 7 ans de freelance, j’ai décidé de m’engager dans une aventure de CTO chez Captain Dash en 2014. Ceci parce que j’ai vraiment envie de partager mon expérience, le temps passé avec les clients, l’empathie et tout ce que j’ai appris pour gérer des développeurs. Salarié ou entrepreneur, c’est une autre question. Ce qui est important, c’est que je ne fais plus de missions de services, ou de prestation. J’ai décidé de quitter le groupe des Zindeps, de modifier mon profil LinkedIn et de dire aux gens « je suis CTO chez Captain Dash ». Car vraiment, c’est ce qui me définit aujourd’hui.

Ah j’ai aussi appelé tous les commerciaux d’HastounCartner et consors pour leur dire « JE SUIS PLUS A L’ECOUTE DU MARCHÉ ». Et j’ai hésité à changer d’identité pour ne plus être contacté par un chasseur de tête qui a vu que j’ai fait du Java… y’a 3 ou 4 ans.

Franchement, c’est le bonheur. Cela doit être le même sentiment quand vos enfants partent faire des études, et que vous pouvez ENFIN vous offrir un coupé sportif ou partir en voyages à l’Ile-Maurice avec Madame ou Monsieur. Sérieusement, si vous êtes freelance, vous n’avez jamais envisagé de redevenir salarié ? Ou sinon de vous associer et de créer une société ?

Je continue à développer et à dire « je suis développeur« . Pas de soucis lorsque tu as un diner entre amis. Je suis un bon gros développeur qui s’avère aussi être CTO, organisateur d’une conférence de 2500 personnes, et qui s’éclate car il aime son métier. La clé c’est la passion : faîtes ce que vous avez envie de faire et prenez des risques. Lancez vous dans une aventure de startup, ou dans l’enseignement, ou l’apprentissage d’un nouveau framework…

Je le dis depuis beaucoup d’années mais ce métier n’a d’intérêt que si vous vous faîtes plaisir. C’est la clé secrete pour devenir un vieux développeur.

Je file, j’ai un appel sur le portable.

C’est encore le commercial de tout à l’heure qui a déjà oublié qu’il m’avait appelé ce matin…

« oui allo ? […] Oui j’ai fait du Java….. […] oui Java Spring Maven 4 c’est ça…[..] A Vélizy ? ok… […] Super, on s’appelle, bonne journée…bisous« 

20 réflexions sur « Le vieux développeur »

  1. Excellent article. Même si je vais franchir la barrière des 45 ans et que j’ai commencé la programmation sur un Vidéo Génie / TRS 80, et que je suis resté sagement dans le camp des salariés, cet article est aussi ma vie.

    Merci pour l’article.

  2. Merci pour cet article, c’est rassurant d’avoir le retour d’un développeur du 3ème languAGE qui le vit bien 😉

  3. Ahah je me reconnais bien celui qui a choisi le management à 35 ans pour gagner plus et qui, aujourd’hui se fait chier comme un rat mort. Dans mon dernier entretien annuel, je demande de faire un retour au developpement. A ce qui paraît c’est possible dans ma boite, j’attends de voir. ..

  4. Toujours les mêmes poncifs….
    Le mauvais manager, le manager qui se fait chier, le méchant commercial Et toujours le donneur de leçon…
    Ah si un changement, finalement être indépendant c’est pas si cool que ça… Surtout quand on a 40 ans, des marmots… On doit sûrement vouloir se sécuriser un peu, rentrer moins tard pour faire un bisou aux petits, prendre une journée ‘enfant malade’ parce que madame ne peut pas garder le petit…

    Un vieux manager de 48 ans… Ex-dev, ex-indep, ex-CTO… Ex-mari…
    Ta future vie en fait…

  5. @Ali du coup tu fais quoi aujourd’hui ? C’est ça le plus intéressant. Fais-nous partager ton expérience. Tu bosses dans une Banque ?

  6. Salut,

    je suis développeur avec 1 an de moins que Nicolas. Je ne suis jamais passé par la case chef de projet, tout au + « tech lead » mais d’une petit équipe et parfois « architecte logiciel ».
    Je me reconnais dans certains points surtout sur le à 40 ans tu t’en bats d’en d’être au top sur le langage X ou framework Y…
    Mais il y a un point sur lequel je ne me reconnais pas la patience: question de caractère ou de vécu sans doute. Justement avec le vécu de beaucoup de projets et d’organisations, la prise de conscience que va peut-être falloir bientôt raccrocher, et il faut bien l’avouer l’expérience de beaucoup de projets qui finissent en eau de boudin de la patience j’en ai de moins en moins.

    J’ai du mal à me contenir toujours les mêmes erreurs se re-produire:
    – les engagements prises sans aucune consultation des équipes.
    – le dév de framework maisons sans roadmap et investissement minimaliste mais qu’il faut utiliser pour faire plaisir à X.
    – le tech lead qui se focalise sur ses compteurs sonar tout en oubliant les objectifs commerciaux
    – toutes ces décisions politiques arbitraires. On demande au dév d’être flexible mais l’organisation, les process ne le sont absolument pas.
    – le recrutement très aléatoire ou pris à la légère et le « tout le monde se vaut », non désolé certains recrutements peuvent plomber un projet surtout quand c’est tendu.

    Bref avec l’expérience en tant que dév tu repères les bêtises plus tôt, tu estimes beaucoup mieux la chance de succès (appelle ça être aigri), et un peux mieux les charges de travail (quoique) mais t’es souvent toujour impuissant pour faire changer les choses.. J’ai remarqué que c’était particulièrement vrai en France ou l’organisation est encore très hierarchisée (on consulte peu le n-1 bref la personne qui connait et on ne tient pas trop compte de son avis de toute façon), un peu moins vrai de l’autre côté de l’Atlantique.

    Un dev qui aime encore le développement, se sent parfois découragé mais qui sait que l’herbe n’est pas plus verte ailleurs.. (en freelance ou salariat) et qui se pose des questions sur ses orientations à l’approche des 40 ans.

  7. C’est marrant, je vis un peu le contraire de Ali.

    À 40 ans, je suis aussi un (pas si) vieux (que ça) développeur. Je suis passé d’ingénieur (et oui en ssii on disait pas trop développeur) à chef de projet puis directeur technique et même directeur tout court. J’ai même failli bien gagner ma vie une fois ou deux.

    Aujourd’hui je suis juste un petit développeur de province qui s’amuse dans sa toute petite boîte. Alors oui je gagne moins qu’avant (ceci dit on est pas à l’abri du succès), mais je vais au boulot (à vélo) en souriant, je rentre pas trop tard et je profite de ma fille.

    Donc en somme je suis un vieux développeur heureux.

    Bisous

  8. A mon tour de raconter ma vie pour vous dire à quel point tout est cool ! À 29 ans je vais aussi en souriant en vélo au boulot, je bosse dans une boite ou les ingénieurs sont rois et coder c’est classe, tout le monde a accès à toutes les données en live y compris le CA, tous les projets, toutes les codebases, je suis tech lead mais je m’obstine à ne pas être manager et ça ne bloque pas mon évolution, je suis entouré de mecs qui ont écrit tout un tas de libs Open Source utilisées partout, j’ai accès une salle de Gym, des cours de sport, des douches, repas matin midi et soir, smoothies et baristas toutes la journée, on me laisse partir à droite à gauche pour faire des confs, j’ai des vacances illimitées, je gagne le double du dev freelance de Paris de 35 ans, mais y parait que c’est pas important parce que c’est les stocks options qui font la différence…

    Je bosse à San Francisco (pour Square). Et vous aussi vous pouvez. Même à 40 ans. Suffit de bosser un peu pour quelque entretiens, et être prêt à vivre en Californie :-)

  9. On t’a reconnu PY 😉

    Il n’y a pas que les organisations qui doivent changer, les devs aux aussi doivent changer. Je reconnais qu’avec le nombre d’expériences à la Française qui nous imprègnent une mauvaise culture, de mauvaises habitudes, c’est dur de changer mais c’est possible. Je bosse en ce moment pour une des rares places à Paris ou on arrive à fonctionner en mode startup américaine, et c’est franchement pas facile de trouver un développeur avec la tête bien faite (autant jeune que plus vieux).

    Franchement le secret pour avoir une bonne équipe : c’est l’équipe (il faut que ça tourne) qui fait passer l’entretien, du coup succès : notre équipe est bien équilibrée de 25 à 40 ans, expériences variées.
    Comme l’équipe est bien équilibrée en age, il n’y a pas le problème d’avoir que des « piou piou » de 24-28 et 1 mec plus expérimenté qui va être dépassé.
    Le pair programming aide beaucoup aussi à transmettre l’expérience, dans un sens comme dans l’autre. Je divague mais c’est ce genre d’expérience qui aide à tenir le cap.

    Je suis plus proche des 30 que des 40ans, je passe par la phase que Nico décrit, et je me dit que Ali est un peu aigris, mais je comprend la crainte, peu importe développeur ou autre, ma plus grosse crainte c’est de rester pertinent dans mon travail. Et à 40 ans il reste encore plus de vingt ans pour résoudre cette question, si ce n’est plus avec l’age de retraite qui recule.

    En tous cas ce qui est sur c’est que nous arrivons petit à petit à changer les choses, il y a en France des développeurs de 40ans et plus qui ne sont pas les reclus de la société dans le placard à balai.

  10. perso, j’ai commencé par le ZX 80 en 1980, que d’heures passées en programmation mais beaucoup de plaisir,…

  11. Bordel! C’est tellement vrai tout ça. Passer du dev à du management puis revenir au dev. Je n’arrive pas à lâcher le clavier… 40 ans, c’est l’âge du train-train quotidien et des doutes. A force de me débattre, j’ai passé dernièrement des tests de personnalité chez un recruteur qui m’a dit au final : « Alex, vous gérez vos compétences comme un portefeuille d’actions. Mais vous êtes prêts : vous arrêterez la technique le jour où vous estimerez que ces actions ne vous rapportent plus assez ». C’est clair! On est tous à tourner autour du même problème : comment gérer sa carrière (et sa motivation) de façon sécurisée (avec 3 grumeaux à la maison) ??? Pas si simple. Comme je n’ai pas trouvé de réponse. Je concentre mes efforts pour rester « up-to-date » et donc employable. Et ça, je crois que les entreprises aiment bien. Parce que le vieux singe codeur que je suis se fait beaucoup moins avoir par les buzzeries et les fausses technos « feux de paille ». Je sens les trucs. Et surtout, je gère la dette technique de mon parc applicatif. J’apprends mieux (ou tout au moins je sélectionne beaucoup mieux là où je veux m’investir). Je coûte cher à ma boite (c’est clair) mais je lui fais aussi faire des économies sur ses projets. C’est ça le deal du « senior ». Pour la suite, j’attends que les grumeaux grandissent un peu. Et là, si je suis toujours au niveau (et comme le dirait Stallone) : ca va chier!!

  12. Epic cet article !

    Pour ma part je suis un presque vieux (d’après les jeunes c*ns tout juste sorti de l’école), 31 ans, 8 ans de bouteille, 2 SSII, une méga grosse et une moyenne qui voulait être grande, et maintenant freelance.

    Je suis passé par tout plein de poste différent, dev, concepteur, auditeur de code, tech lead, cp technique, et re dev mais confirmé maintenant svp !! C’était toujours de bonne expérience même si je n’ai pas envie d’en réitérer certaines, une expérience est toujours bonne à prendre !

    Maintenant je suis freelance, freelance c’est cool, ton boss c’est toi, alors ça va toujours pas trop mal avec lui normalement.
    Freelance c’est un challenge, fini les formations kdo, faut bosser tout seul dans son coin, freelance c’est un peu flippant, si t’as pas de boulot tu manges pas :-)

    Il y a tellement de possibilité dans le monde de l’informatique que je pense pouvoir trouver mon compte à tout moment, et surtout de nouveau challenge « Ce framework … non connait pas mais t’inquiète dans une semaine ce sera OK », le genre de phrase qu’on aime bien dire parce que la mission à l’air cool, le cadre sympa et la nana au bout du bureau super mignonne (bah oui ca compte un peut quand même).

    Pour l’instant je vais essayer de rester un jeune vieux dans le monde du dev parce que le dev c’est la vie, le management c’est ennuyeux (pour rester poli), le dev il pète un plomb c’est normal c’est qu’un dev il est asocial, le manager il pète un plomb il devient un psychotique aux yeux de tous … Et pour l’encadrement, freelance tant qu’on peut puis on verra quand les marmots arriveront et qu’il faudra ptet un peu de sécurité ..

    T’as raison Nico, le secret c’est de rester passionné et d’aller bosser avec le sourire.

    @+ au détour d’un clavier !

  13. Nicolas, on se connaît 😉 De Coplanet, y’avait qu’un seul François….
    j’étais déjà Chef de Tas-d’Emmerdes quand t’es arrivé à Boulognes

    Et donc, sur le fond de ton article de la crise de la quarantaine, je voulais donner un autre regard.

    En tant qu’amoureux du dev, qu’est-ce qu’on aime ?
    c’est pas le langage, ni la méthode
    C’est l’algorithme ! la construction intellectuelle qui résout avec la plus grande économie de ressources les contraintes qui se posaient à nous.

    On aime résoudre le problème ! et plus il est dur, mieux c’est (heu, la longueur n’entre pas en compte)
    Eh bien en direction de projet, en animation d’équipes, en architecture de systèmes, en conception de solutions, et en gestion de clients on rencontre ces mêmes défis !

    Ce n’est pas du code qu’il faut créer, c’est de l’intelligence humaine : de la relation, de l’argumentation, de l’arbitrage, de la conviction… parvenir à trouver l’organisation et les compromis (temps/fonctions/budget et technologies/outils/compétences) qui vont résoudre au maximum les besoins en un minimum de ressources.

    Moi ça m’éclate d’être chef de projet technique / directeur de projet (tu coordonne des chefs de projets) / directeur technique, avec les mêmes plaisirs / angoisses / complexités / prises de têtes que quand je codais !

    Bon, faut avouer qu’il y a inévitablement quelques pré-requis pour que ce job soit cool :
    – carte blanche du boss pour les compétences et les choix internes / externes,
    – collaboration en amont du commercial avec toi pour le chiffrage & planning,
    – coopération gagnant-gagnant des MOA pour les arbitrages fonctionnels & plannings,
    … si si, la moitié de mes projets ont ressemblé à ça ……. et l’autre à Verdun 😉

    Donc, oui, on gagne plus, mais on stress plus !
    Oui, on ne code plus, mais on affronte des équations très complexes à solutionner !
    Oui on s’éloigne de la technique, mais on a le plaisir de voir une équipe qui marche ensemble, et parfois même le sourire de la MOA ravie !
    Oui, on ne s’extasie plus sur la dernière API, mais moi j’ai été illuminé par un tableaux de bord d’un externe qui traduisait en 1 page A4 tous les indicateurs de qualité / avancement de 4 projets simultanés 😉
    Oui, on ne crée plus une jolie appli, mais on conçoit des systèmes entiers et cohérents !

    Allez mon nico, je te souhaite que CaptainDash réussisse !

    —–
    pour situer mon portrait : en 1984 au collège codeur Asm68 & Pascal sur Apple.IIc , codeur et C puis C++ sur AtariST au lycée, je fais 5 ans d’école d’ingé pour avoir le label rouge sur le front, puis en webagency développeur & admin sys 16h/jours, chef de projets à 26ans, directeur de proj à 28 ans, avant-vente Je Connais Tout pour SSII viandard à 29, entrepreneur off-shore à 30, chômeur à 32, freelance, puis homme à tout faire en SSII de type éleveur à 34, puis enfin, ahhhhh, la pause s’impose à 38ans dsi dans une PME (45ans, marié, 3 enfants et pavillon de banlieue pour la caricature – et non j’ai pas de chien ).

  14. Merci François pour ton retour, et tu vois, je me suis bien amusé ces dernières années :-)

  15. Article intéressant on s’y retrouve forcément d’une manière ou d’une autre en tant que développeur.

    @Ricau Je m’étais fait la même réflexion arrivé à la trentaine : freelance ou expatriation, le but étant de rester dév mais en gagnant environ 50 à 100% de salaire :]. J’avais choisi l’expatriation pour un an, et c’est une super option quand on est célibataire sans enfants.
    L’expatriation en famille, c’est une autre paire de manches, il n’y a qu’à voir le loyer pour un 3/4 pièces appart/maison à SF (si on veut aller au boulot en vélo)… sans parler de tous les freins possibles à l’expatriation (attaches familiales des uns et des autres, maison/appart à vendre, etc…). Pas certain qu’au final ça soit si intéressant que ça financièrement parlant arrivé à cet âge là, à toi de nous dire si tu as beaucoup de collègues > 35 ans :), par contre je ne doute pas un seul instant que ce soit le pied total niveau boulot.

  16. Super article ! J’ai eu l’impression de lire ma propre histoire, sauf que pour moi elle s’arrête à 35 ans (indep, cherche tjrs à progresser toussa). J’ai commencé en 1990 sur MO5… quelle belle machine ! En 2-3 instructions on pouvait déjà s’amuser.

    Ah et on a le même commercial on dirait. A moi aussi il a proposé une mission Java JQuery sur Vélizy. Un gros client. Top. ^^

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