Soyons fou, allons faire un peu un tour du côté des présentations orientées management de l’USI 2013.

Ce matin, je décide d’aller assister à 2 présentations
– La métaphore des jardins au service de la compréhension des rapports humains, par Christian Monjou du Lycée Henri IV
– Comprendre ce qu’est le temps pour mieux le vivre par Bruno Jarrosson de DMJ Consultants

La métaphore des jardins au service de la compréhension des rapports humains

Christian Monjou présente les principes du Jardin à la Française et par comparaison, les codes des jardins à l’Anglaise. Côté Français, je vous invite à lire l’article de Wikipédia, le Jardin à la Française devient au XVIIème siècle la marque des grands, particulièrement du roi Louis XIV grâce à André le Nôtre. Celui-ci travaille pour le château de Versailles, pour celui de Vaux-le-Vicomte, et acquiert une certaine notoriété internationale. Un peu comme monsieur Philippe Stark, passé à l’USI en 2012, le Nôtre réalise ainsi plusieurs ensembles en Angleterre ou en Italie.

800px-OrangerieLe Jardin à la Française place le roi au centre de tout. Il suffit de s’installer dans le salon principal de Versailles et de regarder par la fenêtre. Des jeux de perspective mettent en scène les lignes, les ensembles d’eaux, les haies et les arbres. Le Jardin Français, si l’on prend la métaphore des rapports humains, nous rappellent qu’à cette époque, la France avait une vision très héliocentrique du pouvoir. Le Roi était le centre de gravité de la vie. Ce qui est amusant, c’est que cette culture perdure aujourd’hui dans le monde de l’entreprise. Le PDG a une place statutaire, même si finalement l’essentiel de son activité consiste à ne pas se blesser en jouant au golf à Saint-nom-la breteche. Et pour vous dire que la taille ne compte pas, regardez la place que les médias donnent au Président de la République en France… Que l’on s’appelle Nicolas ou François, finalement les Français conservent une culture du chef. Plus proche de nous, pour revenir dans le monde de l’entreprise, oui c’est vrai.

Mais quel rapport entre un bout de jardin et le monde de l’entreprise ? Les Jardins à la Française étaient de gigantesques chantiers. Le Château de Versailles donne encore aujourd’hui une idée de la puissance et des moyens de Louis XIV, 800 ha, plus de 200 000 arbres, 50 fontaines, 23 ha pour le seul Grand Canal… C’était à l’époque une marque de puissance pour un Roi. L’importance du status, de la place statutaire, devait permettre d’appuyer la place du Roi, et donc son autorité. Dans l’entreprise actuelle, pourquoi le PDG (souvent un homme) prend-t-il le plus grand bureau au dernier étage ?

Pour revenir à la présentation de Christian Monjou, nous continuons par une présentation du système des Jardins à l’Anglaise. Déstructuré, les Jardins à l’Anglaise sont d’abord pensés et conçus essentiellement par des peintres, plutôt que des architectes. On recherche à construire des paysages, à casser les perspectives et à promener le visiteur d’un point de vue à l’autre. Selon votre place dans le jardin, vous pourrez observer et découvrir d’autres endroits à visiter. Cela représenterait un management décentralisé, où chacun avance en ayant une vision et un point de vue différent. Christian Monjou nous montre une très belle vue du parc de Stourhead dans le Wiltshire en Angleterre. Observez ce point, il donne envie d’être traversé. Sur la droite, on aperçoit un petit bâtiment en hauteur, que l’on aimerait aussi découvrir. Et en arrivant à ce bâtiment, vous trouverez d’autres points de vue et donc d’autres idées pour votre visite.

Jardin de Stourhead
Jardin de Stourhead

Pour conclure ici, voici ce que j’ai appris. Tout d’abord les Jardins à la Française étaient le travail de grands architectes. Si les Français sont finalement les pros du BTP, si nous utilisons le mot « Ingénieur Informaticien », si votre PDG roule en VelSatis avec un bureau de 80 m2 dans une Tour de la Défense… c’est bien grâce à notre culture très centralisée.

Les Anglais au contraire ont eu une vision plus artistique et certainement moins statutaire. L’idée c’est la découverte, qu’il n’est pas possible de tout voir, et qu’il faut se déplacer pour avoir de nouveaux points de vue. C’est très Japonisant et même très Lean comme idée non ? On retrouve le principe  Gemba du Lean, à savoir de se rendre sur le terrain. Mais bon, si pendant cette présentation vous n’êtes pas ouvert, curieux et prêt à passer une heure sur un cours d’histoire, je peux comprendre la frustration de certains de mes camarades en sortant de la salle.

Comprendre ce qu’est le temps pour mieux le vivre par Bruno Jarrosson de DMJ Consultants

Je ne pense pas avoir compris grand chose. Et je n’ai pas pu écourter mon temps de présence pour aller voir d’autres sujets.

Je passe, mais je souhaite vous faire partager un petit moment sympa.

En sortant, j’entends les commentaires de quelques Geeks, qui sont passés voir David Gageot. Pour vous expliquer simplement, David est un peu le Zidane du développeur Java. Il présentait dans une autre salle une session de programmation en direct. En 45 mn il montre tout un ensemble de techniques pour transformer, écrire et mettre en production du code. N’importe quel commercial de SSII pleurait en voyant qu’en moins d’une heure, il fait le travail d’une équipe de stagiaires expérimentés SOA-TDD-MDD-PTDR-LOL Bac+5 avec 2 ans d’expérience.

Oui ça fait mal de voir quelqu’un bien programmer et surtout, capable d’utiliser parfaitement son éditeur de code.

Et donc je descends l’escalier, en me disant que c’est bête d’avoir perdu une heure dans l’autre salle. Devant, derrière, j’entends : « woow, et tu as vu… c’était une version différente d’Eclipse, il a dit nain-téligi (IntelliJ)« . Et un autre « c’était vraiment bien, ça me donne envie de me remettre à la programmation« . Ou encore « c’était vraiment impressionnant de voir la maîtrise, en plus je comprenais bien ce qu’il expliquait« . Bon enfin bref, du caviar. La vidéo est sur le site de l’USI 2013. Repassez-vous les bonnes séquences comme les meilleurs buts 🙂

Et maintenant, allons parler sécurité

Je file pour la 6ème Keynote de l’USI, « Confiance, Sécurité et Société » par Bruce Schneier, RSI chez British Telecom.

La suite dans un prochain article du Touilleur Express (le blog) par Nicolas (son auteur, mais que l’on appelle pas ‘le touilleur’, merci pour lui).

 

Une pensée sur « USI 2013 – Matinée de la 2ème journée »

  1. Les jardins à la française sont aussi prévus pour offrir plein d’îlots aux ambiances différentes et où les gens peuvent se perdre, se retrouver, etc., et donc même s’il apparaît davantage que tout cela est régi par un petit groupe de personnes, le management apparaît tout autant décentralisé. Au passage, « Cela représenterait un management décentralisé, où chacun avance en ayant une vision et un point de vue différent » : quel est le rapport entre le fait d’avoir des visions différentes et d’avoir un management centralisé ou décentralisé ? Ces concepts n’ont aucun rapport entre eux…

    M’enfin 🙂

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