Suite de la conférence de l’USI 2013, avec Jim Lovell pour ouvrir la deuxième journée.603px-Apollo_13-insignia

Jim Lovell, 85 ans, légende vivante de la NASA, était le commandant de la mission Apollo 13. C’est l’un des 24 hommes à avoir fait le tour de la Lune. Il est connu pour avoir réussi l’exploit de ramener sur Terre le module Apollo 13. Lorsque la mission Apollo 13 est lancée, ce n’est pas un débutant. Il est déjà allé dans l’espace avec Apollo 8, et il était prévu comme backup sur Apollo 11 et sur Apollo 14. Mais finalement il est décidé que Jim Novell remplacera Alan Shepard pour Apollo 13, qui n’était pas assez prêt.

Pendant une heure, sous nos yeux d’enfants, l’homme qui a 85 ans mais toujours l’oeil pétillant, raconte son aventure. Le 11 avril 1970, la fusée s’envole avec Jim Novell dont c’est le 4ème voyage, Jack Swigert qui remplace Kenneth Mattingly, victime de la Rubéole, et enfin Fred Haise. Ce n’est pas du tout l’équipe initialement prévu, mais cela fonctionnera quand même.

56 heures après le décollage, alors que Jack Swigert actionne le brassage du réservoir 2 du module de service, le 2eme réservoir d’Oxygène explose, laissant le module de service et le module de commande inutilisable. L’équipage doit alors s’installer dans le module lunaire, prévu pour quelques heures mais pas pour accueillir pendant presque 6 jours, 3 hommes.

Jim Lovell explique ensuite que le centre de contrôle décide l’option « free return », en utilisant la force de gravitation de la Lune, pour relancer Apollo vers la Terre. Il explique que l’équipe a dû complètement improviser, malgré les heures d’entrainement. La capacité d’adaptation lorsque sa vie est en jeu, est simplement impressionante. Il nous dit un moment « Always expect the unexpected ».

Après quelques heures, la quantité de C02 dans le module Lunaire risque de tuer l’équipage si une solution n’est pas trouvée rapidement. Il y a bien un système utilisant de l’Hydroxyde de Lithium, mais la boîte du module de commande ne s’adapte pas sur celui du module lunaire. L’équipe au sol va trouver une solution simple qui permettra à l’équipe de survivre. Cette « Mailbox » leur sauvera la vie.

Le vaisseau fera le tour de la Lune, puis se replacera dans l’axe de la Terre en allumant les moteurs exactement 4mn30, de sorte que l’atterrissage se fasse dans le Pacifique. A cette époque, les missions spatiales sont aussi des plans médias pour les USA. Au départ de la mission, un équipement de télévision permet de retransmettre vers la Terre des images. Mais après l’explosion, ces systèmes ne seront pas utilisés, faute d’électricité. L’équipage éteint tout ce qui n’est pas nécessaire afin d’économiser l’électricité. Lorsque la nouvelle se répand sur Terre (rappelons que ceci se déroule du 11 au 17 avril), plus de 50 pays assurent les USA qu’ils les aideront si le module venait à atterrir chez eux.

Jim Novell expliquera ensuite le retour et l’arrivée sur Terre, l’enquête pour comprendre ce qui s’est passé. Nixon, qui transforme l’échec en réussite. Tout un projet qui ne s’est pas déroulé comme prévu, est devenu finalement l’une des missions Apollo les plus célèbres.

Je crois que c’était un moment assez unique. Forcément, très éloigné de notre vie de Geek ou de Boss. Cette mission restera un exemple de gestion de la crise, de l’adaptabilité et de la cohésion du groupe.