Stephan Janssen Devox 2012Nous sommes Vendredi, c’est le dernier jour de la conférence Devoxx en Belgique.

3400 participants, dont 200 français. Devoxx c’est 5 jours, 5h de sommeil par nuit en moyenne (réfléchissez à cela), des poignées de mains, plus de 100 cartes de visite échangées, des sandwichs improbables, une carte de fidélité à l’Axxis, des teeshirts pour remplir ma pile « teeshirt de geek », des rires, des discussions, de grands débats sur le JDK8, le Web ou sur Scala et des pas de danses pour certain au Noxx le dernier jour… bref, du lourd.

Sans doute fatigué par toutes ces heures de conférences, chacun avait de petits yeux ce matin. Il est intéressant de demander à chaque fois à ceux que je croise quel est son « meilleur souvenir » afin de synthétiser Devoxx 2012. Globalement, c’est l’ensemble, tout était bien, et encore plus cette année.

Tout d’abord, côté organisation, c’est toujours aussi top. La gestion du remplissage d’une salle de 600 places est un art que les équipes de Stephan Janssen maîtrise très bien. Sacré équipe, avec des polos bleus, qui ont accompagné chacun de nous pendant toute la semaine. Nous reprendrons l’idée de mettre le prénom de chaque membre au dos du polo.

Cette année nous avions tous des bracelets avec une puce RFID en lieu et place du badge classique. A la sortie de chacune des grandes salles de cinéma, nous pouvions ainsi badger « j’ai aimé » ou « je n’ai pas aimé« . Ceci permettait d’afficher le classement des meilleurs présentations sur les méga-écrans de cinéma. Pour vous dire, Devoxx se déroule dans un méga complexe type UGC. Les conférences se passent dans de confortables salles de cinéma.

Sur le contenu, j’ai suivi les conférences Web et Scala. Les meilleurs conférences sur le contenu comme sur la forme étaient celles de Google, sur Angular.JS et les performances. J’ai aussi beaucoup aimé d’autres conférences « décalées ». Une conférence de JetBrains a fait crouler la salle de rires grâce au talent de son présentateur, sur les développeurs « Prima Donna ». Je ne manquerai pas de vous raconter cela dans un autre article.

Dans la même série, nous avons eu la chance jeudi soir de revoir Chet Haase, qui nous a fait un stand-up. Il arrive sur scène, avec une cravate et ouvre son ordinateur. La présentation très sérieuse débute par une exposition du Process et des Méthodes Agiles. Mais rapidement, nous comprenons qu’il s’agit d’une caricature des speakers méthodologistes, et que tout ceci n’est qu’un sketch. Après la méthode Scrum, et sa certification top chrono en 24h, j’ai découvert la méthode Scum. De magnifiques graphiques permettaient d’appuyer chacune de ses démonstrations. A revoir sur Parleys.

Sur Java, pas beaucoup d’annonces cette année à part la nouvelle-nouvelle-version-cette-fois-c-est-la-bonne version de JavaFX. L’essentiel des présentations porte sur le JDK8. Mon avis sur le JDK8 est simple : ce ne sera plus mon premier langage dans les années qui viennent. Je suis convaincu que je vais faire encore beaucoup de Java, mais pour moi, dans les années qui viennent, je vais prendre la double nationalité « Java-Scala ». Le JDK8 est prévu pour le 4ème trimestre 2013 en version finale.

Je pense que je vais rester sur Scala pour l’instant. Côté Java, la dynamique est là, il y a maintenant des premiers retours intéressants sur le JDK8, mais je n’ai pas été personnellement convaincu. Je vois de plus en plus de défauts et je n’ai pas trouvé d’intérêt suffisant sur ce qui arrive. Autant JDK7 avec invokeDynamics a apporté quelque chose, autant je pense que le JDK8 boite encore trop à mon goût.

Tout d’abord, pourquoi faire un tel effort de rétro-comptabilité pour des clients qui de toutes les façons préfèrent encore utiliser JDK1.4 ? Pourquoi ne pas prévoir une version de JavaNG, genre Java10, qui pourrait enfin tourner la page et arrêter de tirer le boulet du passé ? Est-ce qu’il y a quelqu’un pour se poser cette question ? Ou est-ce que nous sommes condamnés à avoir un jour une version de Java 9.1.2.001.222 par Oracle ?

Concernant Java, j’ai un grief à propos des annotations. De plus en plus, c’est une solution fourre-tout du pauvre, le viagra qui vient dynamiser votre code tout pourri, qui fait le café et fait revenir l’être aimé. Non mais sérieusement, quand allons-nous arrêter de nous exciter pour les annotations ? La soupe XML ne nous avait pas suffit ? Lorsque je vois qu’un système prévu au départ pour faire de la javadoc est devenu un « language feature »… je me dis qu’il y a un problème. Supprimons la javadoc dans le JDK9.1.1.2.333.223.

Côté communauté, je pense que nous avons de plus en plus une séparation entre les développeurs webs et les développeurs d’application/de solutions. La première catégorie était aux conférences Webs. Cela discutait Javascript, Dart, Node.js, HTML5, Angular.js ou Backbone. Le développeur d’application par contre a dû s’ennuyer cette semaine. Pas de conférence sur GWT Une conférence sur GWT sur Mobile (!!!), pas de conférences sur JSF… On sent comme un petit souffle froid sur la nuque des traditionalistes. Si l’on me traite gentiment de Scalafiste, je vous répondrai que le souci n’est pas forcément de mon côté. Zéro conférence sur Flex, GWT ou JSF. Et que l’on ne vienne pas me dire que Devoxx n’est pas représentatif. Ce n’est pas connaître et comprendre cette conférence qui donne le « LA » du marché Java en Europe. Sur JSF justement, Matt Raible a mis les idées au clair il y a quelques jours sur son blog.

Les speakers Google qui ont présenté Dart ont confirmé que GWT reste activement supporté par Google. Même si une petite partie des développeurs GWT chez Google est passée dans l’équipe Dart, GWT reste encore un projet ouvert, open-source, que chacun peut utiliser et alimenter. Cependant en tant que développeur de base, ne pas voir de GWT pendant 5 jours, alors que la version 2.5.1 est sortie, c’est pas forcément rassurant. A suivre, on verra ce que cela donnera d’ici un an.

Côté conférence avec des machins qui clignotent, il y a eu un bon nombre de présentations sur JavaFX. D’après les démos que j’ai vu, cela tourne bien et j’ai trouvé cela plutôt bien. Je suis plus réservé sur l’idée d’utiliser un plugin dans mon navigateur. J’ai vu par exemple d’excellentes démonstrations en WebGL sur le stand de Google. A quoi bon alors utiliser un plugin JavaFX ? Mais c’est une technologie intéressante à laquelle pour le coup, je crois plus.

Flash et Flex : terminé. Pas de présence d’Adobe cette année. L’an passé déjà, on sentait qu’Adobe était entrain de partir de Devoxx. Cette année en discutant avec différents développeurs, force est de constater que plus rien ne va se passer du côté de Flex et de Flash. Fin du film et générique de fin. Adobe avait annoncé en décembre 2011 l’abandon de Flex et son transfert à la communauté Apache.

Dans le monde des architectures d’entreprise, il y a eu beaucoup de présentations, et force est de constater que ce qui est entreprise suscite beaucoup d’intérêt. Spring, CDI, JAX-RS, ces conférences étaient pleines. J’ai aussi assisté à des retours d’expérience, comme Nokia qui a utilisé MongoDB et qui faisait une rétrospective. Spring n’avait pas grand chose à annoncer, mais les conférences ont été bien suivies.

Quoi d’autre ? Il y a eu beaucoup de contenu sur le Mobile, que ce soit Android ou iOS. Nous avons eu par exemple une University de 3h sur le développement sur iOS pour les personnes qui viennent du monde Java.

Le dernier sujet qui était nouveau cette année concernait le Future. Que ce soit la domotique ou la robotique, c’est la première année où je vois autant de cartes réseaux, de Raspberry PI et surtout les robots Nao de la société Française Aldebaran Robotics. Mercredi matin, 5 robots ont ouvert la conférence en effectuant une danse et du tai-shi, devant une salle de 800 personnes.

J’ai mis en ligne une petite vidéo sur ma page YouTube, allez voir les quelques minutes de la keynote.

Comme disait Stephan Janssen, « …si ces robots sont les Commodore 64 de la robotique… imaginez ce que seront les robots dans 5 ans…« .

C’est tout une industrie qui s’ouvre à nous. Nous pouvons bidouiller et réaliser des prototypes, comme aux premiers temps de l’informatique. Vous vous souvenez de votre carte son SoundBlaster et de votre 3DFX ? De vos barrettes de mémoire achetées rue Montgallet ? Bon aujourd’hui vous avez un macboo pro retina. Vous n’êtes pas capable de changer la mémoire. Et bien bonne nouvelle, la domotique et l’embarqué peuvent être pour vous le moyen de bidouiller.

On verra ce que cela donne.

En conclusion, encore une bonne semaine passée à Devoxx. C’est vraiment le moment idéal pour discuter et rencontrer un bon nombre d’influenceur de la communauté Java. En tant qu’indépendant, ces 5 Devoxx me laissent à chaque fois des souvenirs différents. En 2008 je suis venu pour présenter un Quickie. En 2009 en tant que nouveau membre du ParisJUG. En 2010 en tant que membre de l’équipe d’organisation du ParisJUG. J’avais fait réaliser des bérêts. En 2011 c’était en tant que futur organisateur de Devoxx France 2012. Et enfin cette année en tant que « cool je n’ai rien à faire côté organisation » et donc pour l’instant, développeur dans une startup.

Je ne sais pas ce qui se passera en 2013. Mais ces 5 Devoxx m’ont donné l’occasion de rencontrer une bonne centaine de développeurs. En dehors de la partie contenu, une conférence reste le moyen le plus simple de rencontrer d’autres personnes qui partagent votre passion et qui s’intéressent à votre métier.

Rendez-vous dans moins de 6 mois du 27 au 29 mars 2013 pour Devoxx France.

2 réflexions sur « Ce que j’ai retenu de Devoxx 2012 »

  1. 1) JavaFX
    Je crois qu’il y aura un marché pour JavaFX, même si, de notre fenêtre, on le voit peu. https://blogs.oracle.com/geertjan liste constamment des applis lourdes avec Swing, donc j’imagine qu’il en sera de même avec JavaFX.

    Un autre avantage de JavaFX est la possibilité de mixer les avantages de HTML+Java http://www.jroller.com/dmdevito/entry/javafx_may_be_the_next ou dit autrement, je pense que la voie Java=>HTML pourrait être plus porteuse que la voie « plugin » / HTML=>Java.

    2) robot
    Coté robot, une révolution semble effectivement se profiler.
    On peut lire par ex « Foxconn a commencé le déploiement de robots dans ses usines chinoises : la firme taiwanaise compte en mettre en service un million d’ici trois ans. Des machines qui remplaceront des travailleurs humains à l’avenir incertain. »

    Un point que je mets en avant est le suivant: si ces machines sont destinées à remplacer des travailleurs humains (souvent chinois) dont le faible cout déterminait l’intérêt d’une délocalisation, et si ces machines peuvent être installées dans n’importe quel pays, alors on devrait assister à un retour (partiel) des usines en Occident via la robotisation.
    Si certains se demandent si les chinois (!= de la Chine) deviendront riches, avant de devenir vieux (vu la pyramide des ages), on peut aussi se demander si la classe moyenne se développera totalement, avant d’être remplacée (prochainement ?) par des robots.
    Bref, la Chine fait face à différentes courses de vitesse. Et tous les pays, du même coup.

    Visiblement, en France, on part avec un temps de retard dans cette affaire de robotisation (~ on dirait que, pendant des années, on a fait de l’optimisation locale, pas de l’optimisation globale): « L’Allemagne dispose de 145.000 robots dans ses entreprises, 62.000 en Italie, 33.000 en France (17 ans de moyenne d’âge) », source: #JT20h #France2

  2. Angular.JS (Google ou assimilé) et Avatar (oracle) ont l’air de jouer dans la même cour:
    * Two Way Data-Binding
    * Templating
    * MVC
    * Plain JavaScript
    * Components
    * Reusability/extensibility

    Sauf que Avatar a l’air (jusqu’à présent) d’un vaporware, alors que Angular.JS est bien réel.

    De mon point de vue, j’ai tendance à penser que Adobe AIR+Flex ont laissé un vide que certains essayent de combler, en suivant diverses voies, Angular.JS et Avatar correspondant à la voie JS/full web standard. Je pense que cela se verra encore plus quand la prochaine version de JS disposera de classes – tel qu’annoncé ici http://www.2ality.com/2012/07/esnext-classes.html – comme ActionScript.

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