L’USI 2011 s’est terminé hier soir tard, autour d’un dîner de Geek qui aurait fait un bon épisode des Castcodeurs. Mais avant cela, petit retour sur la deuxième journée.

Nous débutons par une très belle présentation d’ouverture de Michel Serres. Notre pays s’est profondément changé ces dernières années. En Académicien, cela se voit jusqu’aux nombres de nouveaux mots dans la langue Française. Comment définir l’humain plutôt que l’humainement ? Un très bon moment, typique de l’USI, que j’ai adoré (voir mon article complet sur la présentation)

La Génération Y

Je continue ensuite avec Benjamin Chaminade avec un exposé sur la Génération Y. Tout d’abord l’un des meilleurs speakers sur la forme. Vous voyez les présentations Zen ? C’était top. Sur le fond, à contre-pied de l’effet phénomène, l’auteur a tout d’abord exposé les différents systèmes de valeurs dans le monde du travail, puis la mise en parallèle avec les générations, pour conclure que nous devons comprendre notre entreprise, plutôt que de chercher à comprendre « les jeunes ». Une vieille entreprise construite sur l’Ordre, ou sur la Hiérarchie, entraine forcément des tensions avec une génération plus jeune, avec un système de valeurs différentes. Si le travail n’est pas une valeur, le monde du travail est un espace qui fonctionne avec des valeurs.
Benjamin confirme ce que nous percevons du recrutement : terminé le recrutement sur la seule base des compétences universitaires de la personne. C’est aussi son « savoir-être » et son réseau que vous devrez recruter demain. Quelque part, un informaticien avec 1000 followers sur Twitter a plus de valeur qu’un ingénieur des Mines de 1980… A méditer les amis.

L’organisation scientifique du travail de l’ère industrielle s’applique-t-elle à l’ère numérique ?

Vincent Lextrait, directeur de développement chez Amadeus, présente un retour très intéressant sur l’organisation du travail dans notre monde d’informaticiens. Il commence son exposé en revenant sur le fameux Adam Smith. Un chercheur autrichien a montré en 2006 que son traité du travail était une adaptation d’un article publié dans l’encyclopédie de Diderot, sur la base d’un article écrit par René-Antoine Ferchault de Reaumur. Cet article montre une fabrique d’épingles. Lorsqu’un même ouvrier fabrique de bout en bout une aiguille, il serait selon Adam Smith, 50 à 100 fois moins rapide qu’un ensemble d’ouvrier spécialisé sur une seule tâche. L’hyper-spécialisation est donc la clé de la productivité. Si cela se vérifie dans le monde industrielle, il est plus discutable dans le monde du développement informatique. Vincent apporte sa propre expérience, afin de nous mettre en garde sur cette vision « ouvrière » et manufacturière du monde informatique. S’il est intéressant d’avoir plusieurs métiers, il est donc plus discutable d’appliquer une organisation du monde industriel dans un monde numérique.

Avant la pause déjeuner, André Compte-Sponville, philosophe, anime un exposé sur le travail, le bonheur et une réflexion sur le sens du mot valeur. J’ai retranscris sa présentation, sans y apporter une relecture ou une analyse. Je vous laisser lire ce qu’il a présenté sur cette page. Si j’ai apprécié l’exercice syntaxique, je suis plus circonspect sur le fond. Mais ce fut un bon moment, pour terminer cette deuxième matinée.

Prochainement

Le dernier après-midi de l’USI 2011 nous a emmené à la découverte des technologies de demain. J’ai assisté à la présentation « Interfaces cérébrales » de Geoffrey Mackellar, CTO d’Emotiv.com. La démo était excellente. Imaginez un casque sur la tête relié à votre PC. Vous voyez un cube en 3D et vous pensez très fort « va à droite ». Et le cube se déplace sur l’écran de votre ordinateur… Sa société a développé un casque qui vaut environ 500$ aujourd’hui. Il permet de piloter des applications, en suivant les ondes électriques émises par le cerveau. Le principe de l’encéphalogramme appliqué à l’interface homme-machine. Les champs d’applications présentés : les jeux vidéos, la prise en compte des handicapés moteurs, la possibilité de piloter son ordinateur à distance… autant d’idées qui seront chez nous d’ici 3 à 5 ans sans doute.

Je fais un break d’une heure pour participer à l’enregistrement des Castcodeurs, puis nous avons terminé par une présentation de Pattie Maes. Professeur associée au MIT, elle nous a présenté les dernières innovations dans le domaine de l’interface homme-machine. Il sera possible demain de se balader dans un super-marché, et d’avoir des informations contextuelles sur les produits achetés, directement projetés sur les emballages. Je t’explique cela. Disons que tu cherches un paquet de corn-flakes. Tu le prends dans les rayons, une caméra que tu portes autour du cou « vidéo-projète » sur le paquet des informations personnalisées. Par exemple, un logo pour te signaler que ce produit contient un aliment auquel tu es allergique… Bref le monde des objets, un ensemble massivement connecté. Techniquement, il faudra attendre encore quelques années. Mais le paiement avec notre téléphone portable par exemple, c’est pour demain. La possibilité de réalité augmentée, c’est pour demain aussi. Cette présentation est à voir, pour l’ensemble des vidéos présentées.

Conclusion

Le thème humainement restera pour moi le plus intéressant, ainsi que le thème techniquement. J’ai trouvé que le dernier après-midi était trop loin de notre réalité, tout en étant passionnant pour le geek que je suis. L’organisation de l’USI cet année est irréprochable. Très bon accueil des équipes, présentations et speakers de haut vol.
L’USI c’est aussi l’occasion de rencontrer d’autres Geeks et des Boss, de partager nos points de vues et de découvrir des sujets nouveaux. J’aime cette bulle d’oxygène, ces 2 jours qui permettent de venir chercher de l’inspiration et de nouvelles idées. Je repars avec la présentation du Why, qui donnera plus de sens à mon projet. Je n’oublierai pas la présentation de la Génération Y, sur le recrutement et l’importance de proposer de nouveaux outils pour mettre en relation les recruteurs et les candidats. Enfin j’ai bien pris conscience d’avoir la chance de vivre une profonde transformation de notre société grâce à Michel Serres.

Merci à Nelly et à l’équipe de l’USI d’avoir eu l’excellente idée d’inviter quelques geeks pour vous faire partager ces 2 jours. A l’an prochain !