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J’avance tranquillement sur la préparation de mon sujet pour la conférence USI 2010, le 1er et le 2 juillet. Le premier test grandeur nature s’est bien passé, avec l’aide de Guillaume et de Pierre d’OCTO. Il y a encore quelques points à améliorer, mais ça avance. Je voulais partager avec vous les premières idées observées depuis que je travaille sur ce sujet.

J’ai envie de parler de notre aventure. La conférence de l’USI s’adresse à 2 publics : les Geeks et les Boss. J’ai 20 minutes pour présenter un sujet sur la communauté, sur l’aventure de ces dernières années. Dans ma tête il y a un mélange de JUG, de Devoxx, de l’aventure d’indépendant, du blog le Touilleur Express, des soirées, des rencontres, bref de tout ce qui peut se passer, pour peu que tu mettes le nez dehors.

Idée 1 : le Geek 1.0 est une espèce en voie de disparition
Première idée, c’est que le Geek classique est une espèce en voie de disparition. Lorsque je dis cela, j’ai l’image des gars de Microsoft qui, en 1979, faisait un peu peur. J’ai l’image d’un Geek classique, passionné, mais qui doit se battre pour défendre ses idées. Oui ce n’est pas toujours évident d’assumer sa passion pour sa TI-82 lorsque l’on est jeune, ou pour son Nexus qui plante tout le temps lorsque l’on est vieux.

Didier Girard a lancé le terme de Geek 2.0. Je crois que vous le connaissez. C’est un gars qui fait de l’informatique, mais qui a dépassé le côté technologique. Le Geek 1.0 est une brute sur Zunbuntu. Le Geek 2.0 est une brute de communication. C’est un passionné aussi. Lui ce qu’il cherche c’est avant tout les autres. C’est un bonhomme qui participe aux conférences, aux BarCamps, aux soirées du Paris Java User Group. Ou forcément c’est un peu moi, ça tombe bien c’est plus facile pour s’en rendre compte.

Le Geek 1.0 a un projet open-source obscur sur SourceForge.net. Le Geek 2.0 a 1209 followers, il a fait une présentation sur Scala à Jazoon. Pour moi, c’est un bonhomme massivement communiquant. Twitter, Facebook, les blogs, les soirées entre collègues, c’est le bonhomme qui sort dehors.

Bref j’essaye de définir ce nouveau comportement qui a explosé ces 2 dernières années dans le monde Java. J’essaye de mettre un nom sur 50 français à Devoxx, qui chantent dans un bar Irlandais. J’essaye de comprendre comment on peut parler en franglais dans une salle de 600 personnes à Devoxx, en présentant « Google Appe enjineu » et où tout le monde trouve cela génial.

Idée 2 : trouver des passionnés est un exercice compliqué
Je ne compte pas le nombre de fois où l’on m’a demandé : « Hé Nicolas, tu ne connais pas un gars motivé qui voudrait bosser pour moi ? » ou sinon la version candidat : « Hé Nicolas, tu ne connais pas une société sympa sur Paris ? ». Cela s’est concrétisé avec l’eXpress-Board.fr, dont une grande partie a été réalisé grâce aux idées de la communauté.

J’essayerai d’utiliser des images à l’USI. J’ai pensé à l’image du Safari. Vous êtes Boss, vous voulez recruter des Geeks ? Des brutes de la programmation Java ? Allez chercher les grands fauves là où ils se trouvent. Oubliez les grands sites d’emplois monstrueusement ennuyant surtout les jeudis, essayez plutôt de mettre le doigt de pied à une soirée comme un Paris JUG. Manque de bol pour vous, si vous êtes un Boss vous serez rapidement remarqué.

Vous pouvez alors vous transformer en Beek ou en Goss comme Didier Girard le disait. Ou sinon vous pouvez simplement envoyer vos salariés, vos passionnés. Si je vous disais que 46% des personnes sondées en avril ont répondu « qu’elles envisagent de changer de poste » cela laisse rêveur non ? A vous d’être déjà présent le jour où ils souhaiteront changer de poste.

En fait je vais vous l’avouer : nous les Geeks, nous n’utilisons pas beaucoup les sites d’emplois. D’après le sondage, c’est avant tout nos anciens collègues qui peuvent nous donner un bon tuyau. Autant dire que si vous n’avez pas de système de cooptation, c’est dommage.

J’ai observé de belles aventures depuis que je participe au Paris JUG. J’ai des visages de personnes qui s’ennuyaient et qui ont rejoint une entreprise non pas à cause du salaire, mais avant tout à cause des passionnés qui y travaillent déjà. C’est de cette observation que vient mon idée de dire aux employeurs : aidez et lancez vos salariés les plus passionnés dans la communauté.

Vous êtes prêt à dépenser 600 EUR pour 15 jours d’annonce sur un site d’offres d’emplois grand public, mais vous ne voulez pas payer une conférence de 3 jours à votre meilleur élément ? Devoxx c’est 210 EUR, un billet de train à 75 EUR de Paris, deux nuits d’hôtels à 48 EUR… Et c’est juste la PLUS GROSSE CONFERENCE pour la communauté Java avec 3200 développeurs du monde entier. Et tellement peu de français… Quel dommage.

Idée 3 : il y a un avant et un après Paris JUG
Clairement, il y a 2 personnes qui en région parisienne ont fait changer les choses. Antonio Goncalves avec le Paris JUG et Luc Bizeul avec les BarCamps. Je vais simplement vous expliquer ce qu’il s’est passé le jeudi 4 juin dernier. Nous avons ouvert les inscriptions pour la soirée du Mardi 8 à midi. Deux heures plus tard, 178 personnes s’étaient inscrites. Chaque mois, les places partent en une journée, grand maximum. Je tiens à en parler aux Boss lors de l’USI, en montrant quelques photos de l’évolution de l’affluence.

Certes, le Paris JUG c’est gratuit, on peut y boire un coup entre 2 conférences, et nous recevrons une fille mardi soir prochain (Holly Cummins d’IBM).

Holly Cummins et Kirk Pepperdine

Mais mince, il y a des conférences qui peinent à trouver 100 personnes, même gratuitement, en plusieurs mois.

Et puis il y a le Paris JUG.

200 geeks, chaque mois. Une cinquantaine au restaurant, une bonne dizaine jusqu’à tard dans la nuit, 450 personnes à l’anniversaire… Un truc de dingue. J’arrive pas à comprendre et cela donne envie de continuer, pour ne pas laisser retomber le soufflet.

Les Barcamps sont aussi des moments importants, qui ont permis à d’autres communautés de se rencontrer. Il y a enfin un grand nombre de User Groups, sur tous les sujets : le Google User Group, le NoSQL User Group, le DDD User Group, le Scala User Group, bref j’en passe.

Qu’est-ce que j’essaye de dire ?

Les User Groups en France ont mis du temps à démarrer. Aujourd’hui il y a 14 User Groupes en France. Didier Girard doit écrire un billet où il racontera ce qu’il a vécu lors de sa tournée des UG Java en France. Du gars qui fait tout lui-même, sans trop de sponsors, à ceux qui sont 8 pour tout organiser. Il y a celui qui lit des news sur Java à chaque début de séance. Il y a ceux qui sont plutôt sérieux. Il y a d’autres qui sont très universitaires… Chaque région raconte son histoire.

Idée 4 : nous ne resterons pas 10 ans chez vous
Une idée ensuite dont je souhaite parler aux Boss, c’est le caractère éphémère de notre présence dans leur entreprise. J’ai vraiment l’image d’un joueur de foot lorsque je regarde mon propre parcours. J’ai changé volontairement d’entreprise tous les 3 ans. J’ai fait mon parcours uniquement chez des éditeurs, plus par hasard que par réel choix. Puis je suis devenu indépendant. Et je serai certainement salarié à nouveau un jour. Mais ce qui est assez intéressant, c’est que je n’ai pas hésité à bouger lorsque quelque chose ne me convenait plus. En discutant avec différents juggeurs, chacun m’a raconté une histoire où presque invariablement, c’est eux qui décident de partir.

Le salaire n’est pas le premier critère qui fait bouger un Geek. C’est avant tout la mission ou le projet, donc le sens du travail. Les perspectives d’évolution sont importantes, puis en effet, le salaire. Mais ce que je souhaite donc expliquer à nos Boss est limpide : nous ne sommes pas là pour faire de vieux os, et nous n’hésitons pas à changer d’entreprise.

Pour quelles raisons ? Avant tout, crise ou non, nous avons la chance d’intéresser, d’être une ressource rare sur le marché. Les jeunes diplômés ont autant de chances que les personnes avec 15 ans d’expérience. Mais il y a une tranche qui reste très courtisée : les 3-5 ans d’expérience. Il suffit de parler avec les chargées de recrutement, ce que j’ai fait pendant plusieurs mois pour l’eXpress-Board.fr. Certains profils sont aussi rares que difficiles à intéresser.

Idée 5 : pour que les passionnés restent avec vous, ouvrez les portes !
Une idée observée chez Xebia, SFEIR et Octo, ainsi que chez d’autres entreprises : la personnalisation permet de conserver des talents. Il suffit d’aider certains de vos collaborateurs et de les encourager à prendre une place dans la communauté. Que ce soit en effectuant des présentations aux JUG, en les laissant blogger librement, en leur offrant des conférences ou en leur laissant un peu de temps pour un projet open-source : ouvrez les portes. Ne pensez pas que l’hyper-protection empêchera votre meilleur talent de partir.

J’ai lu les profils postés par les candidats sur l’eXpress-Board. Un des candidats a clairement dit : « moi dans mon entreprise je m’ennuie, elle ne m’offre pas de perspectives, j’ai envie de bouger ». C’est assez intéressant non ? Je m’ennuie, on fait rien d’intéressant à part boire du champagne avec les commerciaux chaque mois, ciao je m’en vais.

C’est pas avec 3 springles et une commerciale blonde avec des gros poumons que ton Geek de combat restera dans ta boîte. C’est avec des soirées « No SQL : Cassandra c’est chaud » qu’ils resteront, car ils auront le sentiment de bosser à plusieurs, et ils seront plus heureux. Tout simplement.

Idée 6 : nous ne sommes pas des ouvriers mais des artisans
Lorsque tu dis développeur à certaines personnes, on a l’impression de parler d’un animal élevé en captivité destiné à la reproduction de masse, et à même d’assurer une bonne reproduction avec d’autres compères.

J’ai le souvenir de cette jeune fille qui sortait avec un de mes amis. Diner de copains, elle m’explique qu’elle est chargée d’affaire. Je garde un silence sur mon métier, intéressé à l’idée d’écouter son point de vue sans l’influencer. Elle m’explique que son travail consiste à placer « ses ressources développeurs » et à s’assurer que les « TJM » sont correctement négociés. 3 développeurs .NET permettent d’assurer un ratio intéressant… Lorsqu’elle m’explique sa feuille Excel, j’ai l’impression de visualiser un poulailler d’élevage en masse…

J’aime mon métier. J’ai la vision d’un métier très artisanal, où les technologies tournent très vites. Qui utilisera encore <techo_pouet_pouet> dans 5 ans ? Cela nous force à ne pas nous endormir sur nos acquis. Nous sommes une profession qui n’a pas le temps de se professionnaliser. Regardez le succès des méthodes Agiles. Regardez la durée de vie des frameworks, elle est inférieure à 10 ans.

Je souhaite dire aux Boss que nous ne sommes pas des ressources. Nous devons passer 20 à 30% de notre temps en formation. Lire des blogs, tester des technologies, partir en formation, etc. Sans cela, nous serons en effet des ouvriers, facile à remplacer, sans valeurs ajoutés.

Et puis comme disait Guillaume, il n’y a que dans l’informatique que l’on traite les gens comme des gamins, alors qu’il s’agit de Cadre supérieur avec souvent 5 ans de formation derrière eux… Une affaire de respect sans doute.

Nous ne sommes pas des ouvriers mais de vrais Artisans.

Idée 7 : pour attirer d’autres candidats, cassez votre image
Cela semble évident mais il faut le dire : votre entreprise attirera les personnes qui vous ressemblent. Que ce soit consciemment ou non, l’image et les valeurs sont très importants. Le site internet fait un peu désuet. La nouvelle idée c’est d’utiliser Twitter. J’observe ce que font les entreprises de notre secteur, et pour l’instant il semble délicat de s’en servir. Les Blogs par contre sont devenus la pierre angulaire de toutes les entreprises technologiques. Il y a ceux qui en font une part importante de leur communication, en laissant les développeurs publier des articles. Il y a ceux qui contrôlent un peu plus. Et puis il y a toujours 2 ou 3 abrutis pour agréger les billets des blogs comme le Touilleur Express pour générer du traffic sur le site de #$%@… Mais je m’éloigne du sujet.

Cela revient sans doute à l’idée de personnalisation. Si votre entreprise est connue d’abord par le nom de l’un de vos développeurs, c’est un signe fort non ? Guillaume Bort, fondateur de Play! Framework, qui est ensuite le CTO de Zenexity… La personne est passée devant l’entreprise dans le réseau d’information des Geeks.

Idée 8,9,10…
Il y a d’autres idées, d’autres sujets à développer. Voilà quelques idées à tailler, argumenter, réfléchir.

J’aimerai présenter aux Boss un témoignage de Geek, d’un gars dans la communauté. J’ai le sondage, j’en ai lancé un deuxième (ci-dessous), j’ai rencontré des entreprises, bref il y a un TRUC à raconter.

Le Geek 2.0, un terme de Didier Girard. Il faut maintenant creuser et raconter cela.

NE PARTEZ PAS ce n’est pas terminé
Pour terminer, une question simple : si vous deviez changer de poste, quels seraient les 3 critères les plus importants ? Du plus important au moins important ? Allez, si vous répondez, vous verrez les réponses des autres.

RDV en juillet

23 réflexions sur « La stratégie des Tribus chez les Geeks : ça se prépare »

  1. « C’est pas avec 3 springles et une commerciale blonde avec des gros poumons que ton Geek de combat restera dans ta boîte.  »

    Si moi, je reste…. Même sans les pringles!

  2. Le télétravail !!! La société qui aura compris que la plupart de nos taches peuvent être effectuées chez nous, se dotera de qques Geeks talentueux. Le Geek, qu’il soit chez lui, au siège, dans le train, ou dans un parc… il travaille. Alors laissons le chez lui. Il travaillera plus, moins de stress, moins de transport (== Green IT), qualité de vie meilleure, ira chercher ses gamins à l’école… par contre, pour qu’un Geek reste à la maison, il faut un boss qui sache faire son travail : planifier des taches, des livrables, des sprint, des jalons… bref, un vrai boulot de Boss que très peu savent faire. Un vrai Boss n’est pas là pour fliquer, il est là pour faire avancer le projet et que ses Geeks se sentent bien, que l’équipe avance. Un Geek qui doit faire de la présence pour combler les lacunes manageriales de son Boss, c’est un Geek qui est sur le point de partir.

  3. Très clairement, je rejoins Antonio sur le télétravail ou à défaut, la liberté de pouvoir s’organiser comme on veut. J’ai la chance de le vivre en ce moment et je me rends compte que c’est devenu quelque chose dont j’aurai du mal à me passer dans le futur.

    Sinon, je suis étonné parce que les réponses convergent déjà assez bien.

  4.  je rejoins Antonio sur le télétravail, c’est un sacré argument pour recruter des Geeks talentueux.

    Par rapport au sujet de l’article, on dirais que le sondage contredit l’article… ce qui intéresse finalement, c’est la mission et le salaire, comme tout autre job. 

    J’ai aussi remarqué que les JUGs et les BarCamps deviennent des salons de recrutements.  Je me demande même, si le  nombre de geek-recruteurs et des personnes qui cherchent un job, n’est pas supérieur aux vrais passionnés (vu que c’est toujours les mêmes qui posent des questions techniques).

  5. Concernant le teletravail, je n’ai pas vraiment d’avis sur le sujet, par contre, pour revenir au contenu de ton post, j’ai remarqué que tu opposes les status d’ouvrier et d’artisan.

    « Nous ne sommes pas des ouvriers mais de vrais Artisans »

    Nous sommes les deux ! En effet, nous sommes artisans pour les nombreuses raisons que tu évoques dans ton post, mais nous sommes aussi de veritables ouvriers s’insérant au beau milieu d’une sorte de chaine de production, subissant les contraintes plus ou moins formelles de normes, standards, conventions et autres chartes de développement…

    Qu’en penses-tu ?

    Ludovic.
    Artisan, ouvrier, geek.

  6. @Tarik, il y a deux sujets différents dans ta remarque. 1) les vrais passionnés ne sont pas uniquement ceux qui posent des questions. Le Paris JUG (pour prendre cet exemple), c’est 200 personnes (avec un assez bon niveau technique en général). Certains peuvent être intimidés de poser des questions, rien à voir avec la passion. 2) C’est clair, ça réseaute pas mal aux JUGs… normal te dirai-je. Si j’ai le choix entre travailler avec qqu’un que je connais (ou qqu’un qui connait qqu’un que je connais) et que j’apprécie, ou un total inconnu, mon choix est fait camarade. Il y a 3 types de réseaux : le réseau proche (tes potes, collègues, ancien collègues), le réseau distant (des gens que tu ne connais pas intimement mais qui trainent toujours aux JUGs), le réseau éloigné (Monster, les Jeudis). Le 3e est a éviter comme la peste.

  7. À propos du télétravail, je suis un peu mitigé…
    À première vue, je trouverais ça super.
    Mais en fait, à y réfléchir, je trouve que ce qu’il y a de bien dans notre métier c’es de pouvoir partager, échanger. Et ça, on ne le fait pas mieux qu’en présence des autres. D’où, à mon avis, la réussite des JUG et autres BarCamps, qui ont été créés avant tout pour ça : échanger. Après que viennent se greffer des recruteurs potentiels, c’est tout à fait normal.
    Ce besoin de se réunir me semble donc, finalement, à l’opposé du télétravail. Ça donne de la souplesse de temps en temps, mais ça ne devrait pas être une norme.

    Du coup, pour en revenir au sondage, je pense qu’il me manque éventuellement un argument. Au delà du « présence de personnalité de la communauté » ce serait plutôt « présence de personnes compétentes avec lesquelles il est possible d’échanger et donc d’évoluer » (ce qui n’est pas toujours facile de trouver ;)).

  8. Super article, j’espère qu’il sera largement lu et diffusé au delà de la communauté geek, pour que les boss et les commerciaux prennent conscience de toutes ces vérités…
    Pour l’Alpes JUG, j’ai bien vu que la plupart des entreprises préféraient dépenser de l’argent dans des abonnements hors de prix à Monster que payer un petit sponsoring et rencontrer des vrais gens, c’est dommage mais c’est comme ça…

    Elles préfèrent aussi facturer à plein temps que dégager du temps à un employé pour qu’il écrive un peu sur un blog (comme xebia le fait si bien par exemple), ce qui amenerait beaucoup plus de monde et améliorerait considérablement l’image de la boite auprès de la communauté… Mais c’est comme ça

  9. J’imagine un système « mixte » entre la première remarque d’Antonio (produire) et Sylvain (échanger) : du télétravail avec du présentiel …
    Mais comme le fait remarquer Antonio, il faudra un « manager » qui fasse son travail : planifier, suivre, comprendre … et une hiérarchie qui ait une certaine prise de conscience

  10. Sylvain > Le télétravail n’empeche pas les rencontre en vrai. Nous travaillons en télétravail dans notre entreprise, pourtant nous entretenons le contact par des soirée, ou le travail a forcement une place importante dans nos discussions, nous participons a l’occasion selon nos disponibilité au barcamp ou autre evenement pour Geek.

    Bref nous avons du contact, tout en étant en télétravail.

    Je rajouterais que le télétravail ne veux pas dire que chacun bosse seul dans son coin a des horraires totalement libre. Notre experience du télétravail nous a montré que les gens ne peuvent pas se dispenser de certain horraire un peu définie. Ne serais ce que pour l’equilibre de vie de chacun, mais aussi car on peu travailler en équipe et en télétravail.

    Tout ca pour dire que le télétravail ne freine en rien le partage et les échange dans l’entreprise.

  11. En tout et pour tout, il y a eu une seule présentation qui parlait de Scala à Jazoon, et en marge (c’était une API pour faire du Grid Computing), ça voudrait dire qu’il n’y a qu’un seuls geek 2.0 en tout ? c’est pas beaucoup 🙂

    Benoît

  12. Merci pour cet article.

    Juste deux petits commentaires /
    -Dans l’idée 1 : le Geek 2.0 participe aux conférences, aux BarCamps, aux soirées des Paris Java User Group. Il n’y a pas que le Paris JUG, comme tu le dis plus tard.
    C’était mon coté provincial qui en a marre de l’espèce de monopole de Paris sur la techno !

    – Dans l’idée 2 : il faut ajouter au coût d’envoyer quelqu’un en conférence, la « défacturation » qui est faite au client. C’est souvent ce qui fait que l’on a personne sur les conf pourtant gratuites en journée, ou alors il faut que le geek y aille de son propre chef sur ses congés.

    Christophe

  13. @Sylvain J’aime aussi le contact avec les autres, les réunions (utiles), les brainstorms en équipe… bref, l’humain. Je milite plus pour un télétravail équilibré où je pourrai passer 3j sur 5 chez moi, et le reste en équipe.

    @Christophe Une fois de plus, je pense que le télétravail pourrait diminuer cette suprématie parisienne. Si les gens pouvaient bosser de chez eux ils n’auraient pas à tout quitter pour s’installer à Paris. Il y aurait donc plus d’activités et d’evenements locaux

  14. @Antonio, loin de moi l’idée de réduire les Jugs à des rencontres de recrutement. Les jugs et Barcamp ont eu un vrai effet bénéfique sur la communauté.

    Ce qui me gène au fait, c’est que dans le mot « Geek 2.0 » on as oublié le geek.

    Selon ma compréhension, le geek 2.0 serai un développeur/Zappeur (il connais les technos/framework, mais spécialiste en rien) combiné à un Représentant commercial/Recruteur.

    Apriori, les compétences techniques pure et dure, la contribution aux projets open source, le travail chez soit jusqu’à pas d’heure pour faire une démo ou un Framework ne font plus le geek.

  15. @Antonio J’ai bossé un mois et demi sur ce rythme de 3 jours de télétravail et deux jours dans la société, c’était vraiment génial.
    Petite vidéo trouvée via Arnaud Héritier : http://bit.ly/dpmo25

  16. Excellent article, mais qui se heurte selon moi de plein fouet à deux principes de réalité fermement ancrés dans notre secteur en France :

    1) La majorité des Boss de ce pays ne veulent pas de Geeks 2.0. La majorité des Boss de ce pays a peur des Geeks 2.0. Ce que veut la plupart des Boss, c’est au maxi des Geeks 1.0, mais idéalement plutôt des code monkeys silencieux et interchangeables.
    L’argumentation du billet fonctionne à la seule condition que les Boss cherchent à tirer parti de la Geekitude de leurs collaborateurs. Mais ce n’est largement pas le cas. En fait, lorsqu’ils sont confrontés à des Geeks 2.0, la majorité des Boss de ce pays vont consciencieusement mettre un chiffon chloroformé sur leurs ardeurs de Geeks pour les faire rentrer dans les cases, qu’elles soient techniques, méthodologiques ou financières.

    Un des défis les plus importants pour les Geeks en ce début du 21è siècle est de convaincre les Boss de leur rendre les rênes de leur métier. J’essaie de le faire à mon niveau et j’espère de tout coeur qu’on va progresser sur ce chemin, mais ce n’est vraiment, vraiment pas gagné. Parce que cette démarche est en collision directe avec tout ce que le Boss a appris à l’école, avec tout ce qu’exige de lui le Big Boss et tout ce que lui répètent ses collègues Boss.

    2) Quand on parle user groups, communautés actives et Geeks 2.0, on évoque un phénomène essentiellement concentré en région parisienne. Avec un nombre limité d’adhérents. Qui n’est pleinement reconnu que par une poignée d’entreprises. Dans quelques secteurs. Sur quelques technos. Ca laisse quand même beaucoup de monde sur la touche. Tu mentionnes 200 geeks présents au JUG chaque mois, il faut bien être conscient que c’est un petit cercle de privilégiés. Quid de l’écrasante majorité des travailleurs du secteur du développement logiciel ?

    Voilà, c’était ma petite séquence « pour être utopistes sachons d’abord faire des constats réalistes » 😉

  17. « C’est pas avec 3 springles et une commerciale blonde avec des gros poumons que ton Geek de combat restera dans ta boîte. »

    Moi j’ai une commerciale blonde, mais je sais pas si elle a des gros poumons, à vérifier!

  18. Hello,

    Vive l’express-Board! et cette nouvelle approche du métier!

    C’est vrai que la possibilité de télétravail ouvre d’autres perspectives très intéressantes!

  19. au risque de répeter ce qu’à dit Sylvain, chaque fois que je vais au PJUG, j’ai cette impression d’être immerger dans un microcosme de notre métier.
    Un monde tel qu’on voudrait qu’il soit … et non tel qu’il est.

    Je pense néanmoins que cela fait avancer les limites du cadre, mais cela prendra du temps.

  20. Le post de Guillaume est super intéressant car contrebalance bien le propos résolument (et volontairement puisque l’on se projette dans un monde idéal) utopiste.
    Je rebondis sur son 1er point : les BOSS ne veulent pas de geek 2.0.

    Je ne pense pas qu’ils n’en veulent pas. Je pense plutôt qu’ils (pour la plupart) ne savent pas, ou qu’ils ne voient pas comment générer plus de bénéfices (bénéfice économique ET social) avec un geek 2.0.
    Plus exactement, je pense qu’ils sont convaincus que monter de version en Geek coûte plus cher que cela rapporte (en temps, en visibilité, en argent, en contrats gagnés, en bien-être social).
    Soyons-clair, le BOSS (en général) en France est frileux, averse au risque et ne s’engagera pas (ou rarement) sur une voie si il n’arrive pas à concevoir, à envisager, à comprendre, à chiffrer les possible retombées. Si il y arrive, il foncera, comptez sui lui.
    Pour utiliser une métaphore « touilleur-express », pourquoi acheter Zidane si je ne suis pas sûr qu’il me fasse gagner le championnat? Pour lui faire plaisir, parce qu’il aime la ville et qu’il adorerait aller dans les nightclub du coin?
    Le geek 2.0 règnera lorsqu’il aura convaincu les BOSS qu’il est l’arme ultime, celle dont il rêvait quand il était petit.
    Je pense que le virage est amorcé, la formation et le succès croissant des UG est un bon indicateur. Au final, vous ne trouvez pas que ces UG sont un peu les partis politique du monde technologique? On forme des groupes, entre gens partageant une même vision des choses, on pourrit le voisin (j’exagère le trait), on réfute ce qu’on a fait de sombre dans le passé (moi? les JSP? jamais vu ces cochonneries!!), on gagne en notoriété, en pouvoir de communication et alors un jour ca devient évident pour les BOSS : le geek 2.0 c’est le truc cool du moment, fonçons là-dedans.

    My 2 cents sur cet article

  21. Nicolas, la vie sociale de l’entreprise tu inclus ça dans les valeurs ?
    parceque dans tes choix je ne vois pas ce refléter l’idée d’ouverture, de participation aux groupes, conférences.

  22. Excellent article, que j’ai apprécié lire. En fait, c’est juste que çà fait du bien de lire ce que je pense depuis longtemps.

    A chaque projet son Geek 2.0 et l’informatique se portera mieux 🙂

  23. J’aime ces articles, qui aident à construire notre images à nous, passionnés de l’informatique dont c’est devenu le métier.

    Je suis récemment tombé sur ce topic : http://forum.hardware.fr/hfr/EmploiEtudes/questions-relatives-salaires-sujet_8081_604.htm#t2772481

    Et j’ai bien rigolé au vu de certaines réponses, notamment celle-ci :

    « c’est quoi l’intérêt d’embaucher un ingénieur venant d’une grande école pour faire du dev java ? chez nous, on embaucherait plutôt des DUT pour faire ca »

    http://forum.hardware.fr/hfr/EmploiEtudes/questions-relatives-salaires-sujet_8081_604.htm#t2773548

    HA. HA. HA 🙂

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