Crédit photo: Guillaume Brialon licence Creative Commons
Crédit photo: Guillaume Brialon licence Commons Creative
C’est passé vite… Vraiment.

Voilà plus d’un an que je travaille en tant qu’indépendant. J’ai débuté mon activité en septembre 2008, par la création d’une EURL (Innoteria), une mission longue chez un client et quelques missions de conseils ponctuelles en plus pendant l’année. J’ai pensé qu’il serait intéressant de vous parler de ce qui a vraiment changé, par rapport à ma vie de salarié.

D’un point de vue charge de travail tout d’abord, j’ai travaillé 217 jours exactement depuis un an. Ce chiffre ne vous dit peut-être rien, mais cela correspond à votre temps d’activité si vous êtes salarié aux 35 heures et que votre entreprise fait partie du SYNTEC. Ce doit être le cas si vous êtes en SSII. Bref je n’ai pas plus travaillé que lorsque j’étais salarié.

34 jours à ne pas travailler (donc facturer)
En réalité, c’est un peu différent. Cette année j’aurai pu ajouter 34 jours de plus chez mon client, soit 251 jours au total si je n’avais pas pris un seul jour de vacances. Dans les faits j’ai pris autant de vacances que l’an passé, auquel s’ajoute plus de temps pour participer à des conférences :
– Devoxx en Belgique en novembre 2008 (voir les 10 articles)
– XPDays à Paris en mai 2009 (article 1 et 2)
– Jazoon à Zürich en Suisse en juin 2009 (voir la page complète)
– L’USI 2009 (11 articles)

Merci le statut d’indépendant, je n’ai jamais autant participé à des conférences, ce qui m’a aussi donné pas mal de travail pour le blog par la suite. Je vois cela finalement comme à la fois de la formation continue, je peux être au courant des dernières nouveautés autour de la plate-forme Java, savoir qui est qui, rencontrer et interviewer des personnes passionnantes.

Etre indépendant c’est devenir dépendant des autres
Sans vraiment faire de la prospection active, je conseillerais à celui qui veut devenir indépendant de penser qu’il devra investir une journée par semaine pour sa communication. Commencez par faire des cartes de visite de qualité, construisez un site Internet si celui-ci peut vous apporter des contacts, essayez de vous trouver un nom sympa, pensez aussi à l’élévator pitch et enfin, participez à quelques soirées, quelques conférences. Il est important de se construire un réseau, basé sur la confiance et l’amité.

Faire des cartes de visite, facile vous savez faire. L’elevator pitch c’est votre manière de vous présenter à un inconnu, en 2 minutes, pas plus. La version zipée de votre CV. Cela donne quelque chose comme cela:

« Bonjour je m’appelle Nicolas. Après quelques années chez des éditeurs dans le monde de Java et de la Finance, je suis maintenant indépendant. Je termine une mission d’architecture et de gestion de projet en méthode Agile pour une grande banque. Je travaille sur une étude sur les portails open-source en ce moment. Je suis passionné par Java, assez jeune pour avoir encore envie de coder, assez vieux pour ne plus faire les mêmes bêtises qu’avant, et justement libre à partir de janvier pour venir travailler avec vous. »

… Bah alors, tu viens plus aux soirées ? ….(Omar et Fred)
Ensuite si vous aimez bien coder dans votre coin, que sortir en semaine pour vous c’est une hérésie, et bien bon courage. Là vous allez vraiment être indépendant de chez indépendant : seul dans votre cusine à tourner en rond…
Etre indépendant c’est devenir très dépendant des autres.
Et bien oui, plus de commercial qui vend votre petit nez à un client, c’est vous mon garçon qui allez devoir vous vendre. Et ça, c’est pas franchement un truc qui fait partie de notre OS de base, à nous les informaticiens.

Si je n’avais pas connu le Paris JUG alors que j’étais encore salarié, je ne sais pas si je serai devenu indépendant. Car le Paris JUG (merci Antonio) c’est un peu le repère de la crème de la crème des bonnes brutes de Paris. C’est là qu’il est possible de rencontrer d’autres indépendants, et donc d’y trouver de bons conseils. C’est aussi sympa de se croiser ensuite dans notre milieu professionnel.

Redevenons sérieux
Bon comme je sens que vous avez pleins de questions, je vous ai préparé 2 billets en plus de celui-ci. Un article sur le statut juridique : lequel choisir ? (ouaais super…) et un autre sur « Les revenus d’un informaticien en EURL » que je ne publierai que mercredi prochain.

Je fais un bilan positif. La liberté gagnée lorsque l’on devient indépendant demande en retour un travail administratif et comptable. Il faut aussi penser à créer son réseau de partenaires et de clients, et à se tenir au fait des demandes du moment. Je pense qu’il est très important de bien communiquer. Et enfin il ne faut pas se faire griser par les gros chiffres que vous allez voir passer. Vous allez faire aussi de beaux chèques dans l’autre sens, croyez-moi.

Donc si vous pensez devenir indépendant, ou si vous vous intéressez à ce sujet, j’ai 2 articles qui seront publiés automatiquement cette semaine après celui-ci.

Je sors un peu de la thématique Java et Scrum pour parler des indépendants, mais je vous rassure, je vais commencer un gros boulot et écrire beaucoup, beaucoup… et pas forcément sur le Touilleur Express… (et là il y a une grosse musique de Suspens, vous sursautez et il y a marqué FIN)

A demain pour le premier article sur les statuts juridiques, et après-demain pour un retour sur les revenus d’un indépendant en EURL.

10 réflexions sur « Indépendant depuis 14 mois, le bilan »

  1. Merci, article très intéressant. Plus de détails sur « comment trouver des clients ? » . Ca doit être un des trucs les plus effrayants au départ…

  2. Intéressant! J’attends la suite, ça m’intrigue 🙂
    La question que je me pose moi c’est comment évaluer les risques lorsque l’on se lance, quand se lancer? Admettons qu’on aie les compétences, les contacts, le local, le capital minimum nécessaire…il ne manque « que » les projets, ou du moins leur officialisation…bref la période de transition ne doit pas être évidente.

  3. Petit commentaire pour le choix entre EURL et SARL, au moment de devenir indépendant (2,5 ans déjà !!!) je m’orientais plutôt vers l’EURL mais finalement des amis m’ont convaincu de choisir la SARL. En fait il n’y a pas vraiment de différence, sauf que la SARL donne la liberté future de recruter. Même si je n’avais pas l’intention de recruter c’est vrai qu’il est préférable de ne pas se fermer des portes.

  4. @Piwaï Pour trouver des clients, c’est exactement le même problème que « trouver un travail ». Si tu as un petit réseau ou pas de réseau du tout, il existe de nombreux site pour trouver des missions. Je suis un développeur lambda avec un CV sans prétention et la dernière fois que j’ai mis mon CV sur un site spécialisé, en 12H, j’ai eu 2 contacts et 4 missions « longues » proposées.

    @Baztoune Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment comme avant où pour être freelance il fallait être connus et reconnus. Les risques ? On ne montent pas une « vraie » société, on n’a pas de fournisseur, pas de salarié, les risques sont très faible car ils se limitent à « ne pas trouver de mission ». Le risque est donc le même que de se retrouver au chômage en étant salarié. Un seul remède : se former en continue, bien choisir ses missions et satisfaire les clients.
    De plus ce risque est couvert par l’augmentation non négligeable des revenus. Je pense que le touilleur Nicolas vous confirmera ça dans 2 jours 😉

    Devenir freelance pour moi c’est enlever des barrières inutiles, fini le commercial qui vous dit « non c’est la crise, tu reste là où tu es ». fini le manager qui vous dit « cette année c’est 1% pour tout le monde ». On passe d’une relation employeur-salarié à un relation client-fournisseur.

  5. @yakafokon Attention ce n’est pas exact. En EURL comme en SARL nous pouvons tout à fait embaucher des salariés. Une EURL est une SARL dont le capital est détenu par un seul associé, le gérant. Une SARL c’est une société avec au moins 2 associés, le gérant minoritaire pouvant alors être salarié. Il est aussi déconseillé de créer une SARL avec un membre de sa famille comme associé majoritaire, et vous comme associé minoritaire pour être salarié. Les lois ont changé depuis 2004 et ce montage ne présente plus aucuns intérêts. Que des ennuis en cas de décès du gérant majoritaire.

    On en parle dans l’article de demain

    Nicolas

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