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Développeur après 31 ans ? Ridé et chauve tu seras

27 juillet 2009 17 035 affichages 49 commentaires

Aujourd’hui c’est facile, vous avez 31 ans, vous ne perdez pas trop vos cheveux ou les rides n’ont pas fait d’apparition sur votre visage. Au niveau Java, vous pouvez facilement calmer un petit jeune en expliquant comment fonctionne une PriorityBlockingQueue. Vous avez commencé à regarder Groovy ou Scala. Les livres JEE6 et Spring par la pratique ? Oui vous les avez achetés. Mais vous n’êtes encore certain de les lire. Mais vous les avez achetés.
Cette année ChefSympa est muté à Londres et donc GrandChef est passé vous voir. Enfin disons qu’il est venu vous voir à la cafétaria alors que vous étiez entrain de discuter avec un chasseur de tête qui cherche un jeune de 23 ans avec 10 ans d’expérience en Scala. Bref GrandChef vous sert la pince :
« Bonjour Pierre, je n’irai pas par quatre chemins, est-ce que tu serais intéressé pour prendre le poste de ChefSympa?« . Et vous de répondre : « Ah oui avec plaisir ! merci GrandChef !!! et je m’appelle Thomas, mais pas grave« .

Alors vous êtes chef.
Nouvelles cartes de visites, téléphone portable, accès plus important à Internet (vous pouvez aller sur Facebook). Vous avez aussi un nouveau bureau. Votre salaire sera réévalué en fin d’année. Et vous avez des gens à gérer. Wesh ! super, vous vous voyez enfin PetitChef et donc vous êtes super heureux. Notez que vos cheveux ne repoussent pas, vos rides non plus, mais on en parlera plus tard…

Ce qui est dur depuis que vous êtes PetitChef c’est que vous n’avez plus le temps de lancer Néqulipseu ou IDEA IntelliJ. Et le matin, comme maintenant vous devez dépiler 167 mails, vous n’avez plus le temps de lire des blogs techniques… Et par contre vous avez installé Microsoft Powerpoint, Visio 2007 avec une clé (merci Baztoune) et même Microsoft Project.
Vous êtes PetitChef.

Quelques jours passent… C’est sympa de gérer ses anciens amis, vous pouvez maintenant prendre des décisions. Vraiment trop génial. Bon vous en êtes à 320 mails par jour. Grâce aux filtres avancés de Lotus Notes, que vous avez trouvé tout seul, vous savez classer les emails:
- URGENT
- TRES URGENT
- MEGA URGENT.
C’est très pratique.

La pression… non pas cette bière que vous buviez avec vos anciens amis le jeudi soir. Plutôt ce machin sournois où vous vous rendez compte que vous n’avez pas démarré Néclipseu ou IDEA IntelliJ depuis 3 semaines, que vous ne suivez plus les discussions techniques et que vos ex-amis-nouveaux-collaborateurs sont assez difficiles à gérer… Enfin vous avez fait des progrès avec PowerPoint, et au niveau des diagrammes de Gantt vous êtes aussi plutôt fort.

Vous êtes en fait PetitChefDeProjet. Ce qui vous donne un droit et un devoir de venir rassurer chaque mois les gens du métier pour leur montrer l’avancement du projet. On vous présente comme « Pierre, non Thomas pardon, c’est l’ANCIEN architecte de Krousties et qui a pris la place de ChefSympa« .
On parle de vous comme d’un ancien footballeur international qui serait maintenant en charge de l’équipe des Poussins du village. Vous voyez Laurent Fignon qui commente le Tour de France ? Pareil : rides et pas beaucoup de cheveux.
Un peu dur de débarquer sur la planète GestionDeProjet-Marketing-Politique. Dans votre ancien référentiel, votre niveau en Java et votre connaissance vous donnait une assurance qui vous semble un peu loin ce matin devant 8 personnes, qui se demandent si vous vous appelez Pierre ou Thomas. Vous vous rendez compte à cet instant précis que vous commencez à regretter Eclipse (que je l’écrive une fois bien).

Mais comment en êtes vous arrivé là ?

Un jour, il y a un an, ChefSympa vous a dit gentiment : « Tu sais Thomas, il faut penser à ta carrière, tu ne vas pas être développeur toute ta vie, tu as déjà 30 ans ! et tes cheveux ! c’est un signe !« . Donc première idée répandue dans les couches du management français c’est qu’il faut devenir manager de quelque chose à 30 ans, bref dès que vous mettez senior sur votre titre. Grosse connerie.

Deuxième motivation pour devenir PetitChef : votre salaire.
Architecte Senior Expert Maître Jedi Java Level 4 ça gagne très exactement entre 50 et 59 000 EUR par ans avec 8 années au compteur. Autant dire une belle somme. Mais vous avez bien compris qu’il faut devenir « PetitChef » pour passer le cap fatidique des 59k et enfin décrocher le super-jackpot pour vous payer une opération de chirurgie esthétique pour vos cheveux. A vous la route des 65 kEUR ! On vous fait comprendre que vous devez prendre des personnes sous votre responsabilité, ce qui aura un effet sur votre salaire, ce qui est vrai, mais à quel coût…

Troisième effet : depuis que vous êtes avec Femme 1.0 (ou Mari 1.0 ou Copain 1.0), et bien vous ne pouvez plus lire JEE6 for Beginner, même dans les toilettes (spéciale dédicace à Charles du Paris JUG). Bref votre niveau de geekitude descends de jour en jour, vous n’avez même pas le temps de lire le Touilleur Express. Pour la peine, vous serez chauve. Bien fait.
Votre conclusion c’est qu’il semble difficile de continuer à être Geek, alors autant devenir Boss.

Soyons sérieux
Tout d’abord, pour redevenir un peu plus concret, je pense qu’il est indispensable que des développeurs séniors de plus de 40 ans, motivés et heureux, continuent à travailler. Si nous regardons notre métier, il reste très artisanal. Ludovic Cinquin d’OCTO Technology disait en 2008 quelque chose comme ça : [...] notre métier est artisanal, et il manque en fait la notion de Compagnonnage . Dans d’autres métiers, les anciens apprennent aux juniors, et le savoir se transmet de génération en génération[...]. Dans l’industrie informatique, le cycle étant plus court, il y a deux soucis. Tout d’abord il y a peu d’anciens, si je pense à Java. Ensuite, ces anciens sont souvent devenus des Managers, et il est alors difficile de transmettre son savoir.
Je pense qu’il est donc urgent de défendre les personnes qui souhaitent continuer à développer, avec certainement une expertise à valoriser. Pourquoi ne pas proposer à ces personnes des moyens pour transmettre leur savoir ? Ce passage de connaissances doit aussi s’accompagner d’une reconnaissance financière.

La voie du management doit être aussi revue et adaptée aux anciens Geeks. Un très bon ingénieur ne fait pas un très bon manager. Et bien souvent, les promus se retrouvent peu ou pas accompagnés. Il y a des exceptions comme chez Thomson-Reuters, où les chefs de projets reçoivent une formation poussée pour apprendre à gérer une équipe et à animer un projet.

Il y a aussi la voie des passionnés. Regardez ceux qui continuent à 35 ans d’écrire des livres, avec des cheveux très longs, à s’occuper du Paris JUG… Ou ceux qui présentent une démo de Google Wave en disant très simplement « Je suis un Goss, je suis un Beek, mais pas un boss »…

Et puis il y a vous. 31 ans c’est jeune.
Dans 9 ans, vous serez expert Groovy-Scala. Java 7 sera peut-être sorti, mais en tous les cas, vous vous serez bien éclaté. Soit vous serez devenu manager, soit consultant, soit indépendant, soit encore mieux :
Vous serez devenu un développeur chauve de 40 ans, heureux et fier de l’être ! Ou une développeuse ridée et heureuse !

Et toi ?
Je suis heureux. Bientôt 34 ans, encore pas mal de cheveux. Indépendant c’est bien après 10 années d’expérience, dont 3 de PetitChef. Je serai peut-être manager dans un an, peut-être consultant indépendant, peut-être Architecte ou Développeur…

Ridé et chauve.

Comme Yoda en fait…

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49 commentaires »

  • Arnaud Héritier a dit:

    Nicolas Président !
    Nicolas Président !
    Nicolas Président !
    Nicolas Président !
    Nicolas Président !
    Nicolas Président !
    Nicolas Président !
    Nicolas Président !
    Nicolas Président !
    Très bon article, au combien réaliste (malheureusement).

  • sylvek a dit:

    tout comme toi, je reste persuadé qu’il ne faut pas museler sa passion quand il s’agit de sa carrière .. mais plus facile à dire qu’à faire ;)

    je comprends très bien la dérive que nous connaissons tous en informatique.. plus de salaire équivaut à plus de responsabilité.. et il faut bien reconnaître que nous avons l’habitude de voir évoluer les développeurs soit en tant que de chef de projet, soit en tant qu’architecte… mais même dans cette seconde option.. il faut bien faire attention à ne pas prendre l’habitude de la tour d’ivoire!

  • arnaudweb a dit:

    Bravo… Excellent article.

    Ca me rappelle un autre article paru il y a 6 mois sur codingly :
    http://codingly.com/2008/12/29/degage-sale-programmeur/

    Un sujet récurrent et un problème de fond qui je l’espère va évoluer dans les années à venir.

  • Christophe Laprun a dit:

    C’est vrai qu’il n’y a pas beaucoup de boîtes qui ne font pas sentir aux ingénieurs qu’il serait temps de passer à autre chose passer un certain âge, comme si c’était inévitable ou que le fait de vouloir rester développeur était une erreur qui ferait de vous un perdant.
    Même si la pression n’est pas mise directement sur l’ingénieur de passer à autre chose, la valorisation (salariale ou autre) du développeur au sein de l’entreprise ne suit généralement pas, forçant la main à ces développeurs qui auraient bien voulu le rester mais aimerait bien vivre un peu plus confortablement.

  • Olivier Croisier a dit:

    Mince alors, je me reconnais très exactement dans le premier paragraphe : le bon âge, le bon poste… Et les mêmes conclusions.
    Mais heureusement pour moi, je pense pouvoir retarder encore un peu le moment de faire le Grand Choix qui me conduira loin de la technique que je connais et que j’aime. Peut-être est-ce dû à ma capillarité encore fournie :)

    En tout cas, est-ce moi ou tes articles ont dernièrement un certain air désabusé et cynique ? Regretterais-tu les folles nuits compilo-pizza de ta jeunesse ?

  • olamy a dit:

    Tellement vrai. Un truc français peut-être (et sa fameuse hiérarchie « scolaire »).
    Dans les pays anglo saxons, les plus importants dans des projets (les mieux payés) sont les developpeurs.
    Car ce sont eux qui font le boulot. le chef de projet n’est coordinateur qui fait (essaye de faire) bien travailler tout le monde ensemble et fait du reporting. (les trucs « chiants » faut bien le dire :-) ).

  • ygz a dit:

    J’arrive la dessus par twitter ;)

    C’est bizarre je n’ai pas vraiment la meme vision des choses. Au contraire travailler en tant que simple développeur me pousse vers le management !

    J’ai quelques années de moins c’est vrai mais une expérience de développeur fort différente. J’ai travaillé sur pas mal de missions et déjà plusieurs entreprises et le résultat est la : 80% du temps je n’apprends rien de nouveau
    Résultat à 40 ans je serais dépassé techniquement car je sais tres bien que les technos auront changées.
    Pour résoudre ce probleme, je suis obligé de m’auto-former ce qui me prend du temps hors de mon travail normal.

    Le management au contraire permet une formation continue et humaine qui ne souffre pas ou beaucoup moins du passage du temps (surtout l’informatique et ces dix nouvelles technos/framework à la mode par an).

    Et bien sur il y a la question du salaire !

    Par contre il est vrai que je ne suis pas un gros « geek » ..

    PS: Meme chez RFS mon expérience est différente … :/

  • Steph (Technofeliz) a dit:

    Excellent article… oh combien proche de la vérité…
    Je le dis tout de suite : j’ai pas la solution… :)

    Dans le monde de l’industrie informatique, et plus précisemment du service informatique (SSII), un développeur de plus de 30-35 ans, c’est louche… ça fait le gars qui ne veut pas prendre de responsabilités et qui n’a aucune ambition… En plus c’est invendable en clientèle.
    Parce que bon, « normalement » à 35 ans on est déjà chef de projet depuis longtemps… et donc on ne fait plus de développement mais du mail, du powerpoint et des réunions…

    Et pour corser le tout, on ne va pas tarder à repousser l’âge de la retraite… je me demande quelle tête peut avoir un développeur de 70 ans…

    Chauve… sûrement… :)

  • Antonio Goncalves a dit:

    T’as oublié la Rolex à cinquante ans.

  • Gabriel a dit:

    On aura reussi a faire bouger les choses quand on se dira d’un vieux developpeur: il a de l’experience. Comme un artisan ou comme un medecin. Rien de plus rassurant qu’un medecin qui ‘en a vu » ou qu’un artisan a qui on ne la fait pas. Pourtant les medecins eux aussi sont sur un domaine qui demande d’etre terriblement investi et a jour dans ses connaissances! En fait depuis que je me vois comme un medecin specialiste de l’information, je n’ai plus aucun complexe. Meme la calvitie et les rides. Quoique, les rides…. enfin bon.
    Maintenant il faut faire partager cette vision aux autres, les clients, les collegues etc. Un jour peut-etre?

    Desole pour le caractere qwertyuiop de ce texte :)

  • Antoine Sabot-Durand a dit:

    Bien vu Nicolas (je vote pour toi avec Arnaud). C’est un mal très français que tu décris là. Cependant pour apporter une petite note d’espoir, il est désormais possible d’évoluer tout en restant dans des fonctions de geek ou pas loin et en limitant la charge liée management qui peut nous éloigner de notre IDE préféré ou de notre littérature si indigeste. L’idée c’est d’aller vers des postes d’experts (Architecte, Consultant, Gourou du Javarum) qui se créent de plus en plus dans certaines boîtes. Je ne vais pas tarder à expérimenter ce genre de position après avoir été indépendant pendant 12 ans et petitchef pendant 1 an (ça ne me convenait pas : trop frustrant). J’ai 38 ans, encore tous mes cheveux, assez peu de rides (enfin j’ai l’impression) et j’ai cherché une entreprise qui saurait mettre à profit ma geekitude sans forcément me caser dans le schéma classique…

  • Hello_World a dit:

    C’est particulièrement vrai en France mais je ne suis pas persuadé que ce soit très différent dans les pays anglo-saxons par exemple…
    En Inde, il paraît que c’est pire tout le monde veut être chef.
    Comme dirait Séguéla, au delà de 30 ans si tu développes encore c’est que tu as ratés ta vie. En France au delà de 2ans d’expérience tu es senior. J’ai eu l’occasion de travailler pour une grosse SSII française pour ne pas la nommer dont les équipes sur les projets au forfait de + de 300j/h étaient composées de la moitié de stagiaires… Je n’ai jamais vu de développeur de + de 35 ans dans des SSII (chez des éditeurs oui).

    L’expérience n’est pas particulièrement valorisée en informatique parceque les recruteurs ont du mal à évoluer le niveau et les gains apportés et puis la tendance actuelle est quand même plus au développement jetable vite fait.. Un jeune il est prêt à passer ses soirées au bureau à manger des pizzas . Il y a beau avoir des audits de code, de toute façon le business prime et la maintenabilité on verra après.

    Le salut pour rester dans la technique, comme dit plus haut se tourner vers l’expertise . Mais ce n’est pas sans sacrifices non-plus et très prenant pour rester à la page et expérimenter les dernières technos (tu dois en savoir quelque chose).

  • Benoit Moussaud a dit:

    Ton post me rappelle celui que j’ai écrit il y a deux ans:
    http://blog.xebia.fr/2007/09/06/laissez-les-coder/

  • Guillaume a dit:

    Toute ressemblance serait évidement fortuite…
    J’aurais vraiment pu écrire la même chose, merci pour ce post qui m’a bien fait rire.

  • olamy a dit:

    Tant que l’on ne changera pas la mentalité et le but extrème de beaucoup qui est de dire « Moi je suis chef je fais plus de code ».
    Pourquoi c’est sale ??

  • Damien a dit:

    Excellent article, autant sur le fond que sur la forme

    D’ailleurs cette mentalité du « dev c’est de la merde », est imputable à la fois aux entreprises où l’on n’a toujours pas compris que l’informatique, ce n’est pas que des claviers ou des écrans, et aux écoles d’ingé où on gonfle le mellon des étudiants non ?

    Je suis sorti de fac donc je n’y étais pas, mais j’ai entendu des trucs là dedans, c’est terrible (du genre : ‘oué tu vas faire du dév quand tu vas sortir d’ici, mais t’inquiètes dans 6 mois tu feras plus ça, le dev c’est pour les moches, les BTS info ou les chinois, toi tu seras CHEF DE PROJET, et tu te feras plein de gonzesses avec cette appélation’)…
    Sans déconner ^^

    Bon sinon pour les cheveux, à 31 ans je serai chauve donc je me fais pas d’illutions :p

    NB : bien joué de sortir la PriorityBlockingQueue, avec ça ya de quoi frimer en société

  • ehsavoie a dit:

    Très bon constat, ça fera un vote de plus pour ton élection ;o)
    J’ai vu des développeurs de plus de 35 ans (peut-être parce que j’ai côtoyé des équipes C/C++) mais c’est clair que pour l’instant soit on va chez les éditeurs soit on devient consultant.
    Peut être que l’avenir est de créer et développer le prochain Scala ;o) mais je crois que j’atteins mes limites de compétences là (casser tout Maven pour passer de l’ORTF à la couleur :oP )
    Emmanuel

  • Gilles S a dit:

    Super blog, merci infiniment, ca fait vraiment du bien d’entendre ça :)
    Je suis vraiment d’accord avec la notion « d’artisanat ». Après plusieurs années en SSII, je suis passé chez un client et je me rends compte à quel point il est difficile de faire de la qualité sur du long terme en développement. On peut se concentrer et faire un super projet sur 6 mois, 9 mois peut-etre plus… mais quand on reste plusieurs années dans une entreprise et qu’on doit faire évoluer des systèmes existants, intégrer de nouveaux projets, il est très difficile de toujours s’appliquer d’où la notion « d’artisanat ». Il faut se considérer comme le cordonnier à qui on aime bien confier ses chaussures ou le bon fromager à qui on fait confiance. Des gens qui sont capables de refaire les memes gestes pendant de longues années avec le meme niveau de qualité.
    C’est la la force de l’experience par rapport au petit jeune que ca saoule de faire des TU au bout d’une semaine de projet :) « Vas-y j’apprends rien » :) (j’exagere)

  • Anthony Patricio a dit:

    Tellement vrai tout ça.
    Cercle vicieux:
    - tu aimes développer, tu persistes dans ce domaine
    - tu as de l’expérience, tu es plus productif, tu fais moins de gaffes, tu mérites un meilleur salaire
    - qui paie ton salaire? le client
    - lorsque le client voit ton TJM, il préfère un débutant voire un stagiaire
    - lorsque ta boite répond à un appel d’offre, idem elle préfère avancer des coûts avec utilisation de débutants ou stagiaires, elle n’a pas le choix, la concurrence le fait, il faut gagner le marché

    Résultat: alors que sur le long terme ton code sera beaucoup moins coûteux que celui d’un débutant (ce qui est normal!), non on te pousse à faire autre chose pour laquelle tu seras peut être à ton tour débutant ou mauvais.

    Stéréotypes de profils:
    Pourquoi un développeur expérimenté ne pourrait avoir des compétences de management et exploiter ces différentes facettes en même temps? Pourquoi un élément doué pour la rédaction de spécifications fonctionnelles ne pourrait être un passionné d’urbanisation ou de technique? Il faut toujours cataloguer les personnes, technicos, fonctionnels, CHEF! de projet (pkoi on dirait pas CHEF! de développement d’ailleurs?).

  • Baztoune a dit:

    J’ai adoré l’article! :)
    Je fais partie de ces jeunes de 23ans à qui on demande 10 ans d’expérience ;) D’ailleurs dans 10 ans je me vois bien Java-Groovy-Ninja-Gourou ou dans toute autre techno qui m’éclate, et j’espère pouvoir continuer à vivre ma passion dans mon métier.

    Allez, je ne traine pas, je dois aller lire la JavaDoc du PriorityBlockingQueue si je veux éviter de me faire calmer par un chauve ^^

  • ygz a dit:

    Je connais un chef qui se veut proche du code et c’est vraiment mais alors vraiment pas la bonne idée sur un gros projet. Justement parce que le fait de gérer le projet ne laisse pas le temps de gérer le technique et finalement son implication technique fait plus de mal que de bien.

    Clairement je pense que le vrai probleme (comme dit plus haut) vient de la vision de la plupart des entreprise d’un projet informatique : jetable, rentabilité à l’année plutot que sur le long terme, etc…
    Au final un jeune dév. sera toujours plus rentable qu’un programmeur expérimenté. Pour ne pas se retrouver hors jeux, un programmeur doit passer son temps personnel à s’autoformer ce qui demande soit une grosse passion (et du temps) soit de la volonté (et du temps).

  • Think Before Coding a dit:

    Oui, la difficulté c’est de faire passer la notion d’experience et de compagnonnage dans la boite.

    Il faut prendre en charge l’amélioration du niveau technique des jeunes developeurs et continuer à s’autoformer en permanence.

    J’ai ce role là dans l’entreprise où je travaille, je développe en collaboration avec les autres les parties les plus complexes du systeme, j’étudie les nouvelles technos pour voir comment on pourra en tirer partie, je lis les blogs pour être au courrant des nouvelles méthodes d’architecture…
    Je m’éclate, je suis bien payé et j’ai 33 ans, autant dire que je veux continuer comme ca encore longtemps – et surtout pas passer au management !

  • Think Before Coding a dit:

    Par contre j’ai encore tous mes cheveux :P

  • snicoll a dit:

    Très bon! Justement, à un tournant dans ma carrière, rester un technicien pur à 31 ans, ça me parait tout à fait sain.

    Et tant mieux!

  • Romain Verdier a dit:

    Bande de sales programmeurs.

  • FiNaLsPY a dit:

    M**** tu m’as démasqué… pis comment tu sais que je perds mes cheveux d’abord ? ^^

    Criant de vérité ce post, mais en lisant les commentaires c’est quand même rassurant de savoir qu’on est pas seuls ! Même si ça ne change rien au problème.

    Personnellement j’ai pile poil 31ans, j’ai fait une école d’ingés, je suis passé par une grosse SSI et au bout de 6 mois j’était expert ^^ et en moins de 2ans on voulait me faire passer petit chef …
    Mais pourquoi ? Me faire ch*** a faire du PowerPoint et a magouiller des tableaux de chiffres pour faire plaisir au client ? J’ai dit « Non Merci ! »

    Jusqu’à maintenant j’ai résisté aux choix de mes manager voulant me pousser du côté obscure de la gestion de projet pure, et j’espère continuer comme cela.
    Mais en ces temps de crise la pression financière s’accroit et il est clair qu’un profil technique expérimenté (pour de vrai) a du mal a se vendre en clientèle quand on est dans une petite SSII de province et en plus j’ai même pas le salaire, et en ce moment je dois sire que les projets intéressants ont disparu de mon champ de vision.

    Alors PowerPoint ou bien débogage et reprise de code PHP, javascript, ou VB6 pourri … euh ben finalement PowerPoint je vais peut être y réfléchir a nouveau :’(

    PS: sinon pour les cheveux y a la molécule Minoxidil ^^ (consulter son médecin et/ou son pharmacien)

  • muhahaha a dit:

    Quelqu’un a une idée pour se sortir de la phase « cynisme » au moment de ce tournant? La nostalgie d’un boulot où on faisait parfois quelque chose de « beau »? L’impression de magouilles pourries en € HT dans Excel ? La lassitude au bout de la 5ème relance? Se coltiner ceux qui ont fait le tournant plus tôt parce qu’ils étaient trop c.. pour coder?
    En tout cas c’est clair que le job vaut plus cher.

  • Nicolas Martignole a dit:

    @Tous : wow 27 commentaires, j’ai jamais eu autant de commentaires pour un billet, ce qui prouve que le sujet est chaud.

    Le monde des SSII est aussi particulier. Chez un Editeur, il est habituel de voir des développeurs séniors (en âge et en expertise) qui sont très heureux et qui refusent même le management.
    La voix de l’expertise et de l’encadrement technique est certainement aussi une piste à valoriser.
    Le souci c’est bien les sociétés de services qui doivent répondre à des clients en attente de Taux Journalier Moyen très bas, ce qui est difficile à vendre par les temps qui courent.

    Est-ce que 10 développeurs indiens à 150 EUR sont plus productifs que 4 développeurs français à 400 EUR ? Est-ce que les projets réussissent mieux avec la quantité qu’avec la qualité ?

    J’ai déjà une idée de billet à suivre, où je vous proposerai de découvrir la différence entre la cuisine français gastronomique et la restauration rapide… Restez dans le coin.

    Nicolas

  • Antonio Goncalves a dit:

    Nicolas, sais-tu si Google Analytics peut te donner des stats par profession ? Combien de Geek ont lu ton blog (à priori 27) ? Et combien de boss ?

    ;o)

  • Eric Reboisson a dit:

    Super billet, comme d’autres l’ont déja dit c’est la réalité au quotidien…

    Je diffuse.

    A+

  • Salah a dit:

    mdr lol trop fun… Oui, je suis un de ces jeunes que l’on calme avec une PriorityBlockingQueue… C’est effrayant pour le jeune padawan que je suis d’entendre des « Anciens » qui ont encore toutes leurs dents parler de ce phénomène. Quand je pense qu’on propose à des jeunes à peine sortis de l’école de passer PetitChef (SSII), enfin il faut dire « Project Manager » ça claque plus sur Vladelo…
    C’est peut être une fatalité pour la grande majorité d’entre nous??

  • Rui a dit:

    Le sujet commence à prendre de plus en plus de récurence en moment j’ai l’impression, en tout cas j’adore la forme ;-).

    perso, bizarrement j’ai ramé à contre courant en faisant plutôt développeur/petitchef (on appelle ça team leader chez les anglo-saxons et c’est une fonction assez mal reconnue en france déja pour commencer) pour finir aujourd’hui plutot dev sénior/expert. Au final, mes cheveux ont repoussé jusqu’au milieu du dos…étrange,…

    Quoi qu’il en soit dans les faits, j’ai très rarement vu une fonction d’expert sénior dans une grosse ssii, jamais en fait. La seule solution aujourd’hui (en france), c’est soit d’être indépendant, soit consultant dans une petite boite qui valorise ce genre d’expérience…

  • Jean Michel Doudoux a dit:

    Excellent post qui m’a fait passer un bon moment et quelques fous rires en le lisant, malheureusement très réaliste.

    Cela pose tout de même un souci car tous les développeurs ne peuvent pas devenir petit chef ou chef (de grès ou de force) sinon les projets se transformeraient en armée mexicaine. On nous reproche déjà le manque de productivité…

    Et puis à 35 ans, après quelques années d’études (et une année de service militaire pour les séniors qui commencent à perdre leurs cheveux), sa vie professionnelle est loin d’être terminée, même pas à la moitié.

    Tous les développeurs ne peuvent (ne veulent) pas non plus devenir des experts essentiellement car cela implique un investissement extra professionnel très important qui n’est effectivement pas toujours récompensé si ce n’est généralement par une satisfaction personnelle réservée aux passionnés.

    Je ne pense pas que cette situation va changer dans un futur proche, elle risque même sûrement de se dégrader. A chacun à trouver ce qui lui convient le mieux car on travaille plus de la moitié de sa vie, autant que cela se face dans les meilleures conditions.

    Pour les cheveux … il ne faut pas faire de complexe sinon on est encore plus frustré. Et puis d’abord c’est quoi cette fixette sur les cheveux … oui je commence à les perdre mais j’en ai encore beaucoup pour un sénior ;-) et je ne souhaite pas (encore) devenir petit chef.

  • Nicolas Martignole a dit:

    @Antonio : oui j’ai les chiffres, 705 visites uniques en 2 jours, et 100% des gens sont heureux. Tu te souviens que l’on avait parlé de ce sujet au Falstaff ? C’est surtout pour tes cheveux que j’en parle :-)

    @JM Doudoux : oui ça me rappelle un gars avec qui j’ai bien sympathisé à Jazoon qui est un geek technique, et un passionné. Il a écrit pleins d’articles sur Java. Aaaah on me dit que c’est toi !!! :-D

  • Guillaume A. a dit:

    Yep, bon je viens de lire ce post super réaliste en ce début de journée et d’un coup je suis méga démotivé car j’ai refusé le poste de PetitChef oups ;)) et j’ai choisi la voie de la tour d’ivoire.
    Bon pour l’instant je ne suis que dans le hall et je ne suis pas près de trouver la princesse mais bon je ne désespère pas.

    Honnêtement, j’espère qu’a 40 ans soit dans 8 ans je serais encore du coté obscur de la force même si il est pas facile de se maintenir à jour surtout en étant jeune papa. Car ça aussi cela met la pression pour vouloir gagner un peu plus.

    Ce dernier point peut être facilement résolu pour un développeur en passant indép ou même en portage salariale. C’est peut être pas la bonne période mais la roue tournera un jour.

    Bref tout ce pour dire qu’il faut faire ce que l’on a envie de faire et qu’il n’y a pas de problèmes mais que des solutions :). Les seules limites sont celles que l’on s’impose, il y a toujours moyen de se reconvertir ou de s’adapter. Il faut juste être à l’écoute.

    Pour l’ancien biologiste que je suis, maintenant expert java dans la banque, seul le darwinisme s’applique. Les espèces qui survivront sont celles qui ont la plus grande capacité d’adaptation.

    Bonne journée et désolé pour mon délire !

  • Alan a dit:

    J’ai bossé en Hollande, et j’ai vu des développeurs qui avaient plus de 50 ans, j’ai vu des femmes managers, j’ai même vu des handicapés en fauteuil roulant être chef de projet.
    Et le pire c’est qu’ils faisaient du bon boulot ! Incroyable ! :)

    Mais je ne veux pas cracher sur la France, car je suis persuadé que dans pas mal de pays, on trouve ce syndrôme d’être poussé à abandonner le développement…

    En même temps, l’arrivée massive d’informaticiens a débuté il y à une quinzaine d’années à peine, donc notre génération est la première, et il faudra de toutes façons que les choses évoluent, tous les développeurs d’aujourd’hui ne pourront pas être managers dans 30 ans, sinon on va finir avec plus de managers que de programmeurs :)

  • Alexandre a dit:

    Ouaih, ma femme n’a jamais compris le plaisir d’emporter mon « Code Complete » aux toilettes; m’enfin elle tolère (ça c’est une preuve d’amour) :-)

  • Dominique De Vito a dit:

    Ce billet intéressant m’a fait réfléchir…

    * un mal francais, oui
    - il suffisait, par ex, d’aller à JavaOne et de voir Scott McNealy (PDG à l’époque) en jeans+polo parler technique sur scène de manière honnête (dans le sens où ses propos n’étaient pas que de surface et avait du sens) pour comprendre le décalage avec la France
    - en France, il y a trop de sociétés de service, pas (assez) d’éditeurs, le management a trop le nez sur la ligne de facturation. Et c’est souvent même pas la peine de parler coût global !
    - le management est court-termiste (pas de développement durable !) et n’a pas de mémoire, de toute façcon, ce sont les autres, les prochains, qui trinqueront
    - tout le monde peut devenir manager !? mensonges : la pointe de la pyramide est en haut !

    * Pourtant, comme dit plus haut, un développeur expérimenté pourrait avoir des compétences de management et exploiter ses différentes facettes en même temps, cela permettrait notamment d’installer qqu’un à l’interface management/technique et d’éviter des bourdes au démarrage du projet qui coutent fort chères après.

    * Au final, les développeurs (« réduits » en chiffres/couts par les outils qu’ils ont contribué à développer !) sont vus (trop souvent ?) comme variable d’ajustement
    - il y a une tendance à la « banalisation » de l’aspect technique, i.e. cette dépréciation, est accentuée par certains managers tentés d’aller au plus simple face aux pbs de cout, à la multiplicité de l’offre et la concurrence qui va avec (comme qui dirait, un DSI ne se fera jamais virer parce qu’il a choisi IBM…).
    - alors que, inversement, le management est vu comme un du et c’est une raison supplémentaire pour pousser les développeurs vers un emploi qui rapporte plus (au prestataire et sa société)

    * des solutions !?
    Je reste persuadé que si d’un coté, les informaticiens peuvent se « tirer une balle dans le pied » en donnant qques fois le baton pour se faire battre (on voit rarement ailleurs des professionnels poussés par le rythme d’un changement qu’ils créent et impriment eux-mêmes), on peut aussi orienter la technique pour éviter certaines emmerdes. Du moins, plusieurs facteurs vont actuellement dans le bon sens, permettent de voir d’un autre oeil la technique et ceux qui la pratiquent.
    - les méthodes agiles permettent d’impliquer plus les clients et donc, le management et de ce fait, il y a une moindre rupture de chaine avec la technique (ou tout du moins, une meilleure communication qui évite certains pbs).
    - en fait, tout ce qui me semble aller dans le sens contraire de l’effet tunnel me semble bon ici, comme aussi l’approche TDD.
    - les outils et les langages de plus en plus haut niveau tendent à améliorer la productivité et à réduire le gap avec l’expression des besoins initiaux
    - l’open source tend à factoriser les développements de base et l’idée de communauté sous-jacente promeut une plus grand solidarité (positivons…) entre les différents membres du pole technique (face au management)
    - etc.

    Et surtout, je crois que l’avantage (sur le long-terme) de la technique sur le management, dans le cadre de l’informatique, c’est que les informaticiens peuvent construire leurs propres outils.
    Par ex, avoir un outil de suivi de bogue partagé avec le client permet d’interagir avec le client plus souplement/efficacement, avec peu d’interactions avec le management (sauf pour le planning par ex).

    * Mais le hic…
    Je me suis aperçu que les idées grattées ci-dessus vont essentiellement dans le sens d’une minimisation des acoups produits par le management (en permettant aux développeurs de se mettre en « ligne » avec la demande). De fait, cela ne pourrait pas empêcher d’être quand même pressuré/ignoré dans certains cas.

    Il y a quand même une affaire de mentalité à la base et le pouvoir donné au management (sous l’effet d’un capitalisme accru ?). Sauf à prendre la place du management… de fait, le développement d’outils de plus en plus sophistiqués, et des méthodes agiles permettent d’alléger/changer la charge/impact de management et donc, son importance par rapport à la technique, et éventuellement de monter une structure où le management n’empiète pas (trop) sur la technique…

    Bref, je ne vois pas d’autres solutions que de pousser les feux de la technique (suivant, par ex, les qques idées exquissées plus haut-je pense qu’il y en a d’autres) ; il y a quand même qques possibilités intéressantes. Internet assurant l’effet réseau, à un moment, IMHO il pourrait y avoir un effet de masse qui influerait sur les rapports technique/management en jeu. Il y a 5 ans, par ex, on était en pleine mode Java (Java et pis, c’est tout !), et depuis, un intérêt manifeste s’est levé pour de nouveaux langages ; qui sait ce que la prochaine vague va nous apporter… Je reste optimiste.

  • Guy Montag a dit:

    Juste pour Signaler que ce post a été spammé. Il faut voir la page sans les styles ou regarder le source.

  • Alex a dit:

    A noter que si vous aimez la technique sans toutefois vouloir passer votre journée dans du code avec votre IDE préféré la profession d’avant-vente chez un éditeur peut être une réelle opportunité – mélange hybride entre expert, évangéliste, team leader et petit chef selon les jours (présentation, maquettage, benchmark, réponse à appel d’offre etc).

  • Bertrand Pinel a dit:

    Excellent post qui m’a fait du bien après une journée pas franchement marrante…
    Moi qui suit pas loin d’être chauve, mais pas trop ridé, et qui ait passé le cap de la quarantaine, je pense cependant qu’il n’est heureusement pas impossible de cumuler les casquettes de manager et de geek technique… En tout cas, c’est ce que j’essaie de faire et c’est les profils que je cherche à recruter. Par contre, c’est une discipline qui demande un gros investissement, et donc une véritable passion.
    J’ai par exemple connu un manager d’un grand cabinet de conseil (commençant par Acc…) où le culte du boss et de l’encadrement est particulièrement présent, qui passait l’essentiel de ses journées sous Eclipse, avec toujours une feuille Excel, histoire de switcher d’écran lors de la venue d’un de ses collègues ! ;-)
    Evidemment, pour cumuler les deux casquettes, il faut avoir l’envie de faire fonctionner son intellect en permanence et de consacrer une partie de son temps libre à Java et au Web… Pas forcément le créneau de tout ingénieur.

  • HommeDeJava a dit:

    Ah!

    Bientôt 50 bornes, pas mal de cheveux en moins et tojours aussi passionner de coder.

    J’ai vécu 10 ans la vie de petit chef et même de de grand chef… Pouahhh!

    Trop de politique, de « business » pour et par les nuls, de coups fourrés, de PowerTrips et de PowerPoints faits au coin de la table en guise de plan d’affaires. Tout simplement plus capable de porter une cravate…

    Aujourd’hui, je suis retourné aux chaudrons, avec Eclipse, Maven, SVN, Spring et ses amis.

    Je m’éclate en codant des trucs de plus en plus sexés en Web 2.0, Google Toolkit et Android

    Pour les cheveux, j’ai adopté la casquette!

    Mon rêve, mourir en compilant…

  • Emmanuel a dit:

    Suis vieux, j’ai 41 ans. Suis encore développeur. Je ne gagne pas 50000, plutôt 40000. Et je suis content. Content de rentrer le soir chez moi quand je vois le chef ou le directeur de projet entrer en réunion à 18H30-19H… Content de voir mes enfants avant qu’ils ne soient couchés. Content d’avoir le temps d’être curieux, de lire, de développer pour moi par pur plaisir. Les technos foisonnent, soit, mais elles foisonnent pour tous, qu’on aie 20, 30 ou 40 ans. Pour qui s’intéresse, pour qui connait ses compétences – pas celles inscrites sur le CV dans les mains du commercial – et pour qui sait demander à d’autres un avis quand c’est nécessaire, alors je crois que tout est réuni pour se faire plaisir.
    Et si je dois changer de voie (uniquement pour gagner plus sinon quel intérêt, suis heureux comme ça ?), je ne suis pas sûr que la voie manageriale soit la meilleure. A y regarder de plus prêt, je pourrais gagner plus en étant indépendant…

  • Thierry Thoua a dit:

    Très bonne vision :-). Je partage ce point de vue…. Il est dommage que le monde actuel ne la partage pas (rien que du point de vue salarial :s). Il y a simplement un petit point qui me fait toujours hésiter à défendre cette vision … « Rester » développeur demande à la personne un gros investissement à court terme. Actuellement, les technologies sont vite dépassées … Faire de l’analyse ou du management requiert une formation … Mais celle-ci est valable pour une décennie …

  • Alexis Hassler a dit:

    Je suis convaincu que la voie de l’indépendance est la bonne…

    J’ai travaillé pendant quelques années en SSII, j’ai eu l’ambition d’y faire carrière, en devenant PetitChef, puis MoyenChefDePetiteBoite. Au final, depuis que je suis indépendant, je peux sélectionner mon boulot et la notion de carrière n’existe plus. La pression est plus facile à gérée car elle vient d’objectif que je me fixe tout seul

    Par contre, cette liberté a un prix : en refusant du boulot, je gagne moins d’argent.

  • Trs-80 a dit:

    Une autre façon de continuer à développer longtemps en étant payé consiste à rentrer dans la fonction publique, notamment dans l’educ-recherche (Universités/CNRS/INSERM/INRA/INRIA). On y fait des carrières passionnantes et durables, en système et en développement. Moins payé, certes (plutôt entre 30 et 40 qu’entre 50 et 60), mais on y reste facilement jusqu’à 67 ans (ouais, j’anticipe, on a le droit de se réjouir à l’avance … et là c’est vraiment ridé, chauve etc … 40 ans cela m’a fait exploser de rire; on a 47 ans de moyenne d’âge là où je bosse !). Pensez-y, si vous souhaitez rester Geek; la fonction publique recrute à tout âge à présent, et c’est un bienfait de voir des experts du privé y apporter leur expérience (et je pense que la réciproque est vraie pour eux aussi).

    Très bon billet, comme d’habitude, merci !

  • Cédric a dit:

    Bonjour,
    très bonne description. J’ai vécu la même chose dans l’industrie automobile, dans les métiers techniques autour des moteurs. Preuve qu’il ne s’agit pas d’une situation propre à l’informatique.

    Après 9 ans, dont 2 de PetitChefDeProjet je suis parti parce que je ne m’éclatais plus. Powerpoint, Project et cie à 21h pour finir la présentation méga-importante du lendemain matin devant SuperGrandChef, et les couleuvres à avaler quand il vous explique que vous allez faire le boulot 2 fois plus vite avec 2 fois moins de budget et que c’est pas négociable, ça lasse vite quand on a pas la fibre.

    Maintenant, à 37 ans, je suis indépendant. Recyclé dans l’informatique, la deuxième corde à mon arc.
    Je gagne nettement moins bien ma vie qu’il y 5 ans quand j’ai quitté mon poste de PetitChefDeProjet à 55kE.
    Mais, je suis libre, et je m’éclate techniquement.
    Tout a un prix. Mais celui là le vaut.

  • sGendrot a dit:

    Salut, j’adore ce poste car en réseau on a le même problème.
    Tu commence admin, au bout de 2ans t’es super admin, en 5 tu es architecte réseau et au bout de 10ans si t’es pas Petit-chef t’es un paria !!!!!!

    mais cette mentalité n’est propre qu’à 2 types d’entreprises:
    -les multi-nationnales (ou très grosses boites)
    -les esclavagistes (surnommé amicalement SSII ou prestataires de service)

    Le problème de ces boites c’est les managers/commerciaux qui savent comment qu’on doit faire, ils ne savent pas encore quoi mais ils savent déjà qu’ils sauront le faire.
    Le problème n’est pas la rentabilité, tout le monde cherche à ce faire le plus de fric en en foutant le moins, sinon personne jouerait au loto !!!
    La raison c’est que ces messieurs ne sont absolument pas intéressés par la technique (vous savez notre taf).
    Si c’était le cas ils auraient des notions en génie logiciel, au « hasard » le modèle COCOMO 81 (qui sert à estimer les lignes de code d’un projet). Dans COCOMO, il ya une partie dédiée aux dev dont « Programmer Capability » et « Programming Language Experience ». Mais bon c’est en anglais ça doit le problème.
    Franchement vous imaginez bien que si un admin réseau connait ça, l’investissement en dev est réduit.
    Mais les commerciaux n’ont pas plus de connaissances que le client … c’est comme si un touriste (le client) demande son chemin (vers le projet réussi) à un autre touriste (le commercial).

    Mais je suis très optimiste, vous ne l’avez peut être pas remarqué car en dev il a un temps de décalage par rapport au réseau, mais c’est LA CRISSSSEEEEEE !!!!!! La météorite est tombée, ça fait plusieurs mois que le soleil à disparu, c’est le 3ième Age de glace !!!
    Les prestataires font la gueule, quand on commence à vouloir passer un admin linux sur une mission windows ça pue. La sélection naturelle commence, on peut prendre les paris, qui sera le maillon faible ???

    Pour finir et éviter ce problème j’ai pris une sage décision:
    éviter les SSII et les grosses boites, je vais gagner moins je le sais, mais dans 20 ans au boulot ça sera toujours:
    « les mecs !! les mecs !!!! j’ai réussi à faire tourner openldap avec ssl sur le serveur de test !!! :D »
     » … mais pourquoi t’a fait ??? on a pas de serveur ldap !!!! »
     » … V_V …. je sais … mais c’était dans linux mag … fallait que j’essaie »

    Tchao les dev ;)

    Signé un admin qui gueule toujours après les dev et leurs applications de merde qui bugguent tout le temps :P

  • Olivier a dit:

    Magnifique !

    A 32 ans, ma femme 1.0 me laisse lire MSDN Mag (et oui, moi je fais plutôt du sicharpe) aux toilettes… Devenir managueur, jamais ! Tant pis pour l’argent. Les rapports intérêt du travail/salaire et emmerdements/salaire me semblent largement plus intéressants en restant technique.