Ce matin un email dans ma boîte aux lettres : « Bonjour Nicolas Martignole, voici vos codes d’accès à Google Wave… Amusez-vous bien !« .

Si le mail n’était pas arrivé un dimanche matin à 00h03, j’aurai bien cru un moment que j’étais une personne très importante pour que l’on me donne un compte… En fait Google a annoncé le 17 juillet dernier que 5800 comptes Google Wave avaient été distribué lors de la conférence Google I/O et qu’au cours de l’été, 20 000 nouveaux comptes seront ouverts. Bref c’est donc une histoire de temps aussi pour vous si vous avez fait la demande.
Premiers arrivés, premiers servis. Je m’étais inscrit quelques heures après l’annonce, grâce à l’information trouvée sur Twitter. Si vous souhaitez faire une demande de compte, rendez-vous sur la page Google Wave.

Bref avant de vous parler de mes premiers pas avec Google Wave, j’en profite pour revenir sur l’USI 2009. Suite à sa présentation des outils Google pour l’entreprise, Didier Girard de SFEIR a proposé d’organiser une présentation de Google Wave avec Guillaume Laforge de SpringSource, chef de projet de Groovy. C’est donc dans une petite salle de 50 personnes que nous avons pu voir Google Wave pour l’une des premières fois en France.
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Guillaume Laforge (à gauche) et Didier Girard (à droite) débutent la présentation par une diapo qui explique Google Wave en 140 caractères, à la Twitter. Notez cette idée pour vos prochaines présentations. Si vous n’êtes pas en mesure de résumer votre contenu en un message twitter, vous pouvez encore bosser. Excellente idée de Didier.
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J’aime bien aussi l’idée de Didier de se présenter non pas comme un Geek ou un Boss mais comme… un Beek ou un Goss !

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Google Wave en quelques mots
Wave est le nouvel outil de communication propulsé par Google qui ressemble à un client de messagerie électronique, auquel des fonctions de messageries instantanées ont été ajoutées. Lorsque vous éditez un message pour répondre, et qu’un autre destinataire est en ligne, vous voyez littéralement l’autre personne « taper » son texte en direct sous vos yeux. C’est donc un mélange de twitter, de client mail et d’IRC/Chat.

Google Wave c’est aussi le concept de Robot qui vient du monde IRC. Ces invités virtuels peuvent être ajoutés à votre conversation. Lorsqu’ils sont présents, le texte que vous tapez est analysé en temps réel afin de l’enrichir et de fournir de nouveaux services. Vous tapez un numéro de téléphone ? Un robot le reconnaît et ajoute une URL skype pour appeler le numéro. Vous tapez une adresse ? Un lien vers Google Maps est ajouté automatiquement.

Il est possible aussi d’ajouter des robots capables de traduire à la volée votre texte. Dans la vidéo de la démonstration, on voit un francophone écrire un texte en français, et celui-ci est traduit en anglais à la volée. Il est donc possible d’imaginer de nouveaux outils, qui seront eux-même hébergé sur Google App Engine, la plateforme de Cloud Computing de Google.

Didier Girard a implémenté un Robot capable de reconnaître un tag SMS. Lors de la démonstration, il tape « SMS:0600112233 ceci est un test », et quelques instants plus tard un message est affiché sur son téléphone portable. Un robot écoute la « Wave » et a reconnu le mot clé « SMS: ». Après avoir extrait le numéro de téléphone, il se charge d’envoyer un vrai SMS au téléphone de Didier. La démonstration va plus loin puisque nous avons tous participé en envoyant un SMS qui s’est affiché… dans la Wave !

A quoi pourra servir Google Wave ?
Après la démonstration, je discute un peu avec Didier. Nous sommes d’accord pour dire que nous venons de voir « quelque chose » mais qu’il est encore tôt pour se rendre compte de la portée de ce nouvel outil de communication. Quelque part j’essaye de me souvenir de la première fois que j’ai utilisé un client de messagerie en 94 à l’Ecole… De la première fois où j’ai envoyé un SMS à un ami, où j’ai commencé à Twitter… On ne se rend pas alors très bien compte si ce que l’on fait fera parti de notre quotidien dans quelques mois ou non.

Je me souviens aussi de projets comme ICQ en 97, que vous connaissez peut-être. Mais qui se souvient en 1996 du projet Marimba, fondé par Kim Polese une ancienne dirigeante de SUN Microsystems ? A l’époque c’était THE application. Le principe consistait à pousser de l’information vers le client, un peu comme nos Widgets de météo et d’information sur Mac. Racheté par BMC Software en 2004, le produit n’existe plus… Kim Polese était la responsable produit de Java chez SUN en 1996… Je m’en souviens car j’ai travaillé avec SUN France à cet époque et que Marimba était le truc à la mode.

Alors à quoi pourra bien servir Google Wave ?
J’imagine de vrais usages, comme lorsque répondez pour la 6e fois dans un email, et que votre email ressemble à une conversation de Chat et que vous perdez un temps précieux avec vos correspondants. J’imagine aussi ce nouveau système de réunion, à la fois tableau blanc interactif, document partagé mais aussi plus proche du courrier électronique…

De mon côté j’essayerai bien d’écrire un Robot pour Wave. Mon Geek Day Robot vous proposerait de vous tenir informé des prochaines soirées de Geek, de vous dire qui viendra et de vous donner quelques informations. Là expliqué comme cela, je sens pas un grand enthousiasme. Mais pas de soucis, je vous montrerai cela dès que possible.

L’interface de Google Wave
Comme vous pouvez le constater sur cette capture d’écran, c’est relativement simple :
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La zone de Navigation sur la gauche rappelle un client de messagerie électronique classique. La zone Contact permet en bas à gauche de retrouver vos amis. La zone centrale marquée « By Me » sur la capture d’écran, est la zone qui liste les différentes Waves. A droite enfin, le contenu de ces fameuses Wave. Par rapport à un email classique, les correspondants/contributeurs de la Wave sont listés en haut. Les Robots lorsqu’ils sont invités par le créateur de la Wave, apparaissent en haut.

Bon alors, raconte…
Quelques minutes après m’être authentifié, je commence par lire les messages dans les plus grosses Waves. Mes premiers pas me font penser à un Wiki qui serait mis à jour sous mes yeux. Je vois ainsi un utilisateur entrain de compléter un des articles. Chacun de ses caractères, presque la vitesse à laquelle il tape, c’est assez bluffant. Google Docs propose un système similaire mais croyez-moi, il y a une différence entre les deux. J’y reviens après vous avoir laissé admirer une autre capture d’écran :
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Une Wave c’est donc un document partagé avec l’enregistrement de la conversation des différents contributeurs du document. Une ligne de temps avec des commandes « avance rapide », « retour au début » permet de rejouer la Wave et de voir l’avancement des discussions entre les membres de la conversation. Ou comment rejouer de l’instantané… Imaginez un instant l’espace de stockage et la puissance nécessaire pour réaliser ce boulot, qui n’a rien d’exceptionnel, à part le fait que… personne d’autres ne pourrait le faire.

Google s’appuie sur sa plateforme de Cloud Computing afin d’ajuster la quantité de puissance (et d’énergie électrique un jour) pour que le système fonctionne correctement. Chacun de vos caractères est envoyé au serveur, qui peut ainsi retourner aux autres contributeurs vos messages. Et l’édition à plusieurs fonctionne même très bien, bien mieux que sur Google Spreadsheets.

Techniquement, Google Wave c’est du GWT du côté client ce qui rassure tout le monde quant à la pérennité de GWT. Cette fois-ci c’est bon, GWT est la technologie de rendu avec HTML 5 de Google. Côté serveur, une API permettra aussi d’intégrer ses propres Waves dans son site. Dès demain, nous pourrons donc avec une Wave attachée à mes billets sur le Touilleur Express, et chacun de vous pourra alors voir les autres lecteurs et discuter en temps réel à propos de l’article… « Hé tu as vu comment il raconte encore n’importe quoi ? Waaah il est trop fort ce nicolas, je vais appeler mon chien Touilleur Express en hommage ! Tu sais que depuis que je lis le Touilleur Express j’ai les cheveux qui repoussent ? « .

Notez que je ne vous encourage pas à dire n’importe quoi… Comme toujours je suis très sérieux…

Bon c’est pas tout, mais j’ai un joujou avec lequel m’amuser alors je vous laisse.

Y’a la zone de commentaires froide en dessous où tu peux laisser un commentaire si tu veux.

Références
– Je vous recommande l’article de François Goldgewicht qui présente Wave en quelques mots.
Faire une demande pour un compte Google Wave
La page de démarrage de Google Wave SandBox, une fois que votre compte est actif
L’article de Didier Girard sur Application-Servers.com
http://francois.goldgewicht.com/2009/06/03/google-wave-en-quelques-mots/

3 réflexions sur « Google Wave : premiers tests »

  1. Je ne pense pas que cela soit forcément un outil grand public.

    Un des succès de Twitter (et des SMS, car Twitter est au SMS, ce que les webmail sont au mail) est sa logique furieusement simple, voire simplifiée à l’extrême. L’IM et l’IRC vont dans le même sens de la simplification associée à des échanges brefs.

    Je dirais plutôt que Wave chasse sur les terres du wiki ou sur les terres du bon vieux client email non webisé :
    – Wave concurrent des clients mail: Wave permet de franchir la distance entre une collection d’emails (fruit d’échanges ping-pong pas forcément bien organisés), pour aller vers un échange plus structuré; IMHO, en une phrase, Wave permet de franchir le gap entre un courrier et un document.
    – Wave concurrent des wikis: le fait d’inclure n’importe quel type de document au sein d’une Wave en fait un document riche, et le fait de pouvoir inclure des robots permet d’associer des comportements à une Wave donnée, i.e. permet d’en faire comme un document réactif (j’attends, par ex, pour un sondage à la Doodle, le premier formulaire inclut dans une Wave dont le remplissage, détecté par un robot, mettrait à jour cette wave ou une autre).

    Bref, IMHO, Wave chasse sur les terres du travail collaboratif, plutôt que sur celles de l’IM je crois.

    Well, une Wave est comme un « espace » en mode read/write, un peu comme une page web selon le rève initial des concepteurs du http://www…. Sans doute un pas de plus dans la direction de ce rève, pour le plus grand nombre.

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