L’USI 2009 se termine. 2 jours très riches, et surtout très enrichissant. En revenant ce soir j’ai l’impression d’avoir reçu des injections d’intelligence, de vision et de bon sens… Heureusement qu’il y a un événement de ce niveau et de cette qualité en France, nous aurions tôt fait sinon de nous regarder le nombril, pendant que nos voisins font là où nous, nous pensons.

Cette deuxième journée commence par une Keynote très humaniste par un généticien très connu, Albert Jacquard. Je reviendrai sur sa présentation dans un article, car le personnage et le discours a eu le mérite de nous cadrer la journée qui allait suivre, en s’axant sur la valeur humaine.

J’ai débuté ma journée par SpringSource et la présentation de Julien Dubois, qui m’a donné une phrase qui me parle : la séparation physique entre la couche Web et la couche métier a été dictée par des vendeurs… de hardwares. Trop content de pouvoir vous vendre plus de serveur, ceux-ci ont oublié de vous dire que dans la vraie vie… on peut s’en passer. J’ai une pensée émue pour mon client actuel qui est massivement Web d’un côté, EjbTiers de l’autre. C’est dingue de se dire que l’on doit faire vivre aujourd’hui ce type d’architecture, et que le WebTiers n’a pas accès à la base de données. Quel gachis.

Je continue ma journée avec la présentation « L’informatique Conviviale » par Pierre Piezzardi et Laurent Avignon d’OCTO Technology. Cette session a été épanouissante, alors que je ne savais pas vraiment quoi venir chercher en arrivant. La gestion du changement, la rupture et la responsabilisation, très intéressant et je bloguerai dessus plus longuement.

Je me suis ensuite accordé un break, j’ai zappé Philip Evans. J’en ai profité pour aller voir aussi l’espace exposant, avec une démonstration de la table tactile Microsoft Surface, une démonstration d’un écran qui enregistre où votre regarde se pose, et une table musicale. Je vous posterai une vidéo où vous verrez un Nicolas devant l’écran qui se fait enregistrer alors qu’il surfe… marrant.

Le déjeuner avalé, j’enchaîne avec une présentation pétillante, qui fait du bien : Amélie Boucher m’a expliqué l’ergonomie en 50 minutes, et mon cerveau de geek primaire a tout compris. Je vous proposerai un article complet, j’ai franchement bien aimé le ton léger et le sujet sérieux, c’était très sympa.

J’ai hésité entre la présentation de Fabrice Robini et celle de Guillaume Laforge sur les DSLs et j’ai craqué pour Groovy. Lors de la présentation j’ai appris encore de nouvelles choses sur Groovy, note pour plus tard cher lecteur que je te posterai un petit article aussi.

Ensuite j’avais prévu d’aller voir Guillaume pour comprendre « Vaincre le Plouf ». Seulement en face dans une salle s’est organisé une présentation de Google Wave. Désolé les gars, mais impossible pour moi de manquer cette présentation organisée au pied levé par Guillaume Laforge et Didier Girard. Et bien je peux te dire que je ne regrette pas ces 50 minutes. Ok la démonstration a pas mal planté. Mais au delà de la démonstration, pour moi c’était un choc. J’ai eu conscience de voir quelque chose qui va devenir dans les mois qui viennent un GROS truc, et qu’en même temps je ne savais pas ce que les gens allaient en faire. La salle de 50 places était blindée, j’avais à ma gauche un journaliste du Monde Informatique, bref ce moment était magique, c’est ça aussi l’USI.

Ensuite j’ai fait un break et je dois vous dire que j’ai zappé la restitution du DSI. Désolé. Un article publié plus tard, la journée s’est terminée par une note de musique, et quel moment…
Eric Lewis est un pianiste de jazz et de rock, qui nous a offert une heure de concert. C’est tout d’abord une bête de scène. Il a joué à TED, et j’ai hâte que l’équipe de l’USI 2009 vous fasse partager cette vidéo. Il a joué/rejoué des standards du rock avec le piano. Cela donne du Nirvana, du Ray Charles, du Coldplay… Enorme

A la fin de son show il demande si nous souhaitons qu’il joue quelque chose. Comme personne ne se lance, je crie « Michael Jackson ». Et bien il a envoyé Billy Jean sans vraiment savoir au début, et toute la salle a terminé debout. 3 standing ovation, 2 rappels, juste énorme.

Il a grandit dans une maison de musique. Sa mère et sa grand-mère étaient des musiciens. Il a grandit entouré de piano, et ce qui l’intéresse c’est de proposer une autre approche du Piano, de nous jouer de l’ACDC ou de l’IronMaiden, et d’arriver à sortir de nouveaux sons jamais entendu avant. C’était une grosse performance physique, et il a fait passer une quantité d’énergie, c’était juste énorme. Les quelques 400 personnes dans la salle se sont senties habitées tout comme lui. Il a fait par exemple une reprise de « Smells like teen spirit » de Nirvana, bref c’était juste énorme.

La vidéo ci-dessous n’est pas de l’USI 2009 mais elle vous donne une idée du personnage :

Conclusion
L’USI se termine. Organisation énorme, aucuns couacs, juste parfait. Le contenu ? et bien après toutes les conférences auxquelles je me suis baladé, j’ai l’impression d’avoir découvert l’Amérique. Le format, le ton, l’organisation, cet ensemble entre Geeks et Boss fonctionne très bien. Cet après-midi j’ai bien aimé cette présentation sur l’ergonomie, hier j’ai beaucoup aimé cette journée, l’organisation, le contenu, la qualité des speakers… L’USI a certes un prix, garant de l’indépendance et d’une bonne organisation, mais je retiens finalement plutôt la Valeur de ce que j’ai vu pendant ces 2 jours. Les Keynotes bien entendu m’ont scotché. J’ai un peu décroché sur la Keynote de Daniel Cohen. Son discours était sur une autre strate, et je n’ai pas pris plaisir à l’écouter. J’ai adoré Joel de Rosnay, j’étais ému en écoutant Albert Jacquard, j’ai jubilé en écoutant Neil Ford… Juste énorme.
Côté technique, par rapport à un Jazoon je n’ai pas appris la toute dernière nouveauté dans JEE6. Mais à la limite on s’en fiche. J’ai plutôt eu l’occasion d’aérer mes neurones de vieux geek, d’écouter des gens câblés dans l’autre sens. La qualité du contenu, l’organisation, les gens présents avec lesquels j’ai discuté, bref deux jours très riches et très intenses.

Je termine ces 2 jours avec une tonne d’articles à écrire. Merci à toutes les personnes d’OCTO qui nous ont offert 2 jours vraiment top, merci aux speakers, et je passe le bonjour à toutes les personnes que j’ai croisé pendant ces 2 jours.

A suivre d’ici quelques jours / semaines -> un paquet d’article sur l’USI 2009.

A l’année prochaine !

6 réflexions sur « USI 2009 le Bilan »

  1. Cool, merci de nommer ce musicien sur lequel il y a tant d’enthousiasme sur twitter.

    L’ergonomie expliquée aux geeks, j’attends ça avec impatience.

    J’ai appris que GAE avait eu des soucis d’où les pblms de démo wave.

    Wadaël

  2. C’est bizarre ce mythe de la séparation physique entre couches de présentation et métier. Je n’ai jamais recommandé ce genre d’architecture, mais il y a bien eu 2-3 redbooks d’IBM qui proposent de le faire pour WebSphere…

    Eric Lewis est très décevant sur youtube (TED par exemple).

  3. Bonjour Nicolas,
    joli travail de blogueur.
    Pour ma part, entre le fait de ne plus avoir d’équipement nomade et la grève à la rédaction, je dois dire que côté publication, je suis un peu en dessous de tout. Mais bon, je vais me rattraper. Comme toi, je pense que cet USI est un événement remarquable, et j’ai beaucoup d’idées d’articles en stock. Voici le premier : http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-usi-2009-joel-de-rosnay-predit-la-generalisation-des-echanges-pair-a-pair-28854.html

  4. Je me permets de rapprocher deux citations de ce blog, provenant de 2 billets assez proches :

    «J’ai débuté ma journée par SpringSource et la présentation de Julien Dubois, qui m’a donné une phrase qui me parle : la séparation physique entre la couche Web et la couche métier a été dictée par des vendeurs… de hardwares. Trop content de pouvoir vous vendre plus de serveur, ceux-ci ont oublié de vous dire que dans la vraie vie… on peut s’en passer. J’ai une pensée émue pour mon client actuel qui est massivement Web d’un côté, EjbTiers de l’autre. C’est dingue de se dire que l’on doit faire vivre aujourd’hui ce type d’architecture, et que le WebTiers n’a pas accès à la base de données. Quel gachis.» (extrait de ce billet)

    «eBay n’a pas hésité au cours du temps à remettre son architecture en question plusieurs fois. Nous sommes passés du Perl au C++ puis au Java, plus facilement maintenanable et tout aussi performant. Les bases de données sont structurées différemment des bases que nous voyons au quotidien dans nos applications de gestion. Ces bases sont en général faiblement relationnelles. La validation du modèle se fait maintenant dans le monde objet plutôt qu’au niveau de la base elle-même. Il n’y a pas de contraintes d’intégrité dans la base de données. Les données sont stockées sur différents serveurs tout d’abord verticalement. Pour faire simple : un serveur pour l’ensemble des CD, un serveur pour les DVD et un serveur pour les livres. Un partitionnement horizontal des données accélère encore le stockage : les Livres dont le titre débute par “A” sont sur le serveur 1, les Livres “B” sur le serveur 2, etc. C’est donc une segmentation physique intelligente qui permet de monter en charge. » (extrait de http://www.touilleur-express.fr/2009/07/05/usi-2009-quelques-idees-issues-des-grands-du-web-pour-remettre-en-cause-vos-reflexes-darchitectes/)

    Il n’y a pas comme une contradiction quelque part ?

    J’avoue que j’avais été extrêmement surpris en lisant ce billet-ci : pour moi, le n-tiers était la réponse, à la toute fin des années 1990, des architectes du monde objet face à la contrainte de montée en charge formidable qu’imposait le Web, alors que toute l’industrie utilisait encore le client-serveur classique (un tiers présentation + une partie des traitements, et un second tiers avec l’autre moitié des traitements + les données), qui ne supportait que des charges relativement faibles (rarement plus d’une centaine de clients simultanés).

    Or justement, le client-serveur arrangeait beaucoup les affaires des constructeurs de serveurs et des vendeurs de SGBD : car en choisissant un modèle particulier, on se retrouvait lié à ce constructeur et à ce SGBD. C’est bien pour cela que l’architecture client-serveur est restée aussi longtemps l’architecture de référence : très peu d’acteurs avaient intérêt à adopter une architecture différente, qui aurait permis de se rendre plus indépendant des couches sous-jacentes. Il a fallu la révolution du Web commercial pour que ce couvercle explose.

    Et la lecture du second billet en est la démonstration éclatante : seule une architecture multi-tiers, dans laquelle la couche de présentation s’abstrait de la manière dont on accède aux données, a permis à eBay de faire évoluer son applicatif pour adopter un système de persistance adapté à ses besoins à un coût raisonnable.

  5. > HoliDays
    Je me contente de retranscrire ce que j’ai écouté. Si je devais en plus donner mon avis…
    Je me contente de raconter ce que j’ai entendu, de donner mes impressions et je m’arrête ensuite avant de donner mon avis. Car j’en ai plusieurs, et que les lecteurs ne sont pas tellement intéressés par un avis ou un autre.

    > Alexis MP : on est bien d’accord

    > Olivier Rafal : merci ! et bonne continuation

    -> allez voir le blog d’Olivier sur le Monde Informatique

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