Si une sorte de messie existe aujourd’hui, je dirai qu’il voyage en classe affaire, évangélise ses brebis et porte un polo Ralph Lauren noir.

Pendant ces 2 jours de formation avec Jeff Sutherland, nous avons couvert les différents aspects de Scrum avec une partie pratique et une partie partagée par Jeff avec son expérience. Scrum est avant tout un framework de développement Agile orienté produit et pas projet. Basé sur la simplicité, sur la transparence et l’efficacité. L’organisation parfaite nous a aussi permis de discuter et rencontrer pas mal de monde puisque nous étions 30 personnes. Suisses, Belges, Luxembourgois et Français.

Déroulement de la formation

Durant ces 2 jours nous avons mis en oeuvre, non sans mal et avec pas mal de rires, les différents ateliers de Scrum. 30 personnes étaient présentes, avec quelques personnes de Xebia. Divisé par table de 6, nous avons effectué différents exercices, l’alternance entre présentation formelle, séance de questions, exercices et pauses cafés étant gérée par Jeff avec un grand sens de l’organisation. En fait son secret était affiché dans un coin de la salle. Il a déroulé les différents points de la formation sous la forme de post-it accrochés au mur. Durant les 2 jours, selon l’avancement, il mettait à jour son tableau en déplaçant ses post-its… Et nous avons tenu le programme sans problèmes, le dernier jour se terminant à l’heure.

Qui était présent à cette formation ? Finalement des personnes de différents horizons. Des français mais aussi des personnes du Luxembourg et de Suisse. Des développeurs, des chefs de projets, des managers opérationnels… les profils étaient variés. Et les échanges ont été très constructifs.

Sur le déroulement de la formation, sans en révéler tous les détails, je dirai que vous repartez avec un bon bagage. Suffisant pour commencer dès le lundi suivant à travailler en tant que Scrum Master. L’objectif est rempli. Finalement Scrum est simple. Il n’y a pas de choses compliquées à essayer de comprendre. Simplement 3 outils de reporting, 3 artefacts, quelques définitions simples… et vous pouvez vous lancer.

Qu’en est-il de la part de « buzz commercial » par rapport à la réalité ? Finalement pour justifier la réussite de Scrum, le plus simple est de regarder les exemples de societés comme Yahoo, Google, GE HealthCare, qui sont passés d’un mode de développement à l’ancienne (Waterfall, RUP) à une méthode Agile comme Scrum. Les chiffres sont là pour répondre aux sceptiques. Et c’est assez impressionant…

Le plus gros du travail maintenant va être d’évangéliser, de proposer et de faire adopter Scrum. Car pour moi il est clair qu’un produit développé dans un mode Waterfall est un produit qui a de fortes chances de se planter. Alors certes, les sceptiques ou les maîtres de RUP risquent de bondir et de me tirer dessus à vue. RUP par exemple définit 27 rôles. Scrum fonctionne avec 3 rôles : Product Owner, Scrum Master et The Team.

CMMI 5 et Scrum, comment économiser de l’argent ?

Un graphe qui m’a marqué : un projet CMMI développé par une entreprise de niveau 1 qui a une productivité de 100, en mode Waterfall, coûte 50% de ce temps en correction de problèmes et 50% en développements innovants.

Une entreprise évaluée CMMI niveau 5 améliore sa productivité et peut réaliser la production d’un logiciel pour 69% d’effort au lieu de 100% auparavant.La correction d’incidents, la réécriture passe de 50% à 10% sur la même échelle grâce au processus d’Optimisation mis en place. La productivité est inchangée, à 50%. Et par contre, 9% de coûts de structures, de gestion des processus s’ajoutent. 9% de l’activité est consacrée à se regarder le nombril pour s’améliorer sans cesse (principe CMMI 5).

Appliquons Scrum dans cette structure et regardons ce qu’il se passe. Au total, l’effort passe de 69% à 35%. Cela veut dire, que pour 2 fois moins d’effort, vous produisez la même quantité de lignes de codes. Les coûts de gestion de processus sont divisés par 2 (4% au lieu de 9%). Les coûts de refactoring passent de 10% à 6%, vous réduisez de 40% le temps passé en correction de bugs, refactoring et bidouillages divers… Enfin la partie production pure passe de 50 à 25. Votre societé a donc doublé sa productivité…

Ces chiffres ainsi que de biens meilleurs explications en anglais se trouvent ici si vous souhaitez en savoir plus.

Et la suite ?

Je compléterai à partir de maintenant en vous faisant partager mon expérience de mise en place de Scrum chez nous… C’est le début d’une longue série de Post je pense.

Photos souvenirs

Sans vous dévoiler pourquoi nous sommes entrain de faire ce château de carte, voici quelques photos prises par Alexander Papanastassiou de Business Quests et par moi-même. Le monsieur avec la chemise noir, c’est Jeff Sutherland.

Jeff parle et nous sommes au début d'un dernier exercice Jeff présente les consignes du dernier atelier

Avec une velocity assez rapide nous complétons les 3 itérations et terminons même un peu vite. Alexander propose d’essayer finalement de faire l’exercice le plus difficile avec les cartes à jouer… Quasiment impossible.

Jeff Sutherland debout à côté de Guillaume Bodet de Xebia.

Damien trie les tâches du Product BackLog

Changement de tactique: sur une idée de Denis nous utilisons des Post-it pour coller les cartes… et là ça avance vite.

Un des exercices (sorti du contexte les gens vont se demander ce que l’on a fait…). Le monsieur avec le chemise blanche, c’est Cyrille de Xebia.

4 étages !!!

Une photo de Jeff Sutherland

Jeff Sutherland

et enfin une petite photo de moi en plein Sprint final, avec la casquette de Scrum Master.

Nicolas Martignole

Autres liens

Voir le post sur le blog d’Alex http://blog.businessquests.com/2008/03/done.html

L’article de David Andriana est très clair et vous expliquera ce que nous avons fait pendant ces 2 jours.

Si vous êtes intéressés, les places à la formation partent très vite, donc n’attendez pas, inscrivez-vous sur le site de Xebia. Pour ma part j’ai même utilisé mon DIF (droit individuel à la formation).